jeudi 5 janvier 2012

Brève sémiologie du vêtement où l'on voit que le niqab n'en est pas un.

Le propre du vêtement n'est pas de couvrir la nudité, mais de la sublimer. Les partis du corps ne sont plus que leur galbe ou des formes géométriques. Réduire le vêtement à un voile, c'est réduire le corps à ses parties honteuses. Un vêtement n'est pas un cache-sexe, encore qu'il existe de beaux sous-vêtements. Le propre du vêtement est d'être doté d'un coefficient beauté, d'être une touche personnelle, de cacher mais également de laisser voir. Le vêtement est métaphorique : corolle comme pour une fleur, plis comme pour une rose. Il laisse voir un mollet, un bras, la naissance d'une poitrine qu'il donne pour un tout. La mini-jupe couvre plus que le voile. La mini-jupe suggère que les jambes se prolongent indéfiniment, le niqab laisse voir une nudité couverte. En cela, je trouve que rien n'est plus impudique que le niqab .

8 commentaires:

Halagu a dit…

Votre texte me fait penser à une anecdote vécue. J'avais une jeune et très belle cliente d'origine algérienne qui a "décidé" un jour, pour faire plaisir à son frère devenu imam, de mettre un foulard islamique. Étonné par cet accoutrement inattendu, je n'ai pas pu m’empêcher de lui dire, un peu par provocation, que je la trouvais encore plus sexy avec son foulard. Elle m'a gratifié en retour d'un sourire timide et elle m'a quitté. On devait en rester là , sauf que deux jours après, elle est revenue sans son foulard, avec sur le visage un large sourire valant tous les discours. Inutile de préciser que je n'ai fait aucun commentaire.
Les musulmans répètent sans cesse que "Dieu est beau et il aime la beauté". Peut-être que ce jour là, je lui ai fait plaisir. Qui sait?

helenablue a dit…

Belle anecdote, oui Halagu!

Jalel, je me suis permise de relayer votre texte chez moi:
http://helenablue.hautetfort.com/archive/2012/01/05/breve-semiologie-du-vetement.html#comments

Belle année à vous.
Avec toute mon amitié.
Blue

Jalel El Gharbi a dit…

Chers amis,
Je vous remercie de vos commentaires,
Quant à vous Monsieur Hichri, je suis désolé je supprime votre commentaire non pas parce que vous défendez la religion mais parce que vous me manquez de respect.
Le niqab n'est en rien une obligation religieuse. Et vous n'êtes pas plus musulman que moi pour me montrer de quoi je dois m'occuper. Pourquoi vous venez sur mon blog ? Inquisition ?
Désolé, je suis dans l'obligation d'activer la modération.

Michèle a dit…

Cher Jalel, votre texte est très fort. Je n'imaginais pas qu'on pût de manière aussi incisive donner le sens de ce port du niqab...
Merci de cet art poétique que vous ne cessez de renouveler.

René a dit…

Bonjour,je me suis permis de relayer ce trés beau texte sur mon facebook avec un lien vers votre blog;
bonne année 2012 et vive la liberté d'expression
amicalement

Jalel El Gharbi a dit…

Merci René, donnez-nous un lien pour votre blog.
Amitiés

Meriem a dit…

"S’il y a quelque nudité dans un tableau ou dans un livre, ils y vont droit comme le porc à la fange, et ne s’inquiètent pas des fleurs épanouies ni des beaux fruits dorés qui pendent de toutes parts."
"Mademoiselle de Maupin", Théophile Gautier.

Halagu a dit…

@ Meriem
A la lecture de cet extrait , on a l'impression que Théophile Gauthier est un fou furieux de puritanisme. Or, tout le monde sait que c'est exactement le contraire qui se dégage de sa littérature et particulièrement du roman que vous citez. Il était profondément libertaire, il était un défenseur acharné de la liberté de création, et dénonçait le puritanisme qui régnait sous la Monarchie de Juillet (Gauthier avait 24 ans quand il a écrit Mademoiselle de Maupin). Quand on élargit la citation, on se rend mieux compte de la pensée de l'auteur :
« On m’a dit, j’ai refusé d’y ajouter foi, tant cela me semblait singulier, qu’il existait des gens qui, devant la fresque du Jugement dernier de Michel-Ange, n’y avaient rien vu autre chose que l’épisode des prélats libertins, et s’étaient voilé la face en criant à l’abomination de la désolation !
Ces gens-là ne savent aussi de la romance de Rodrigue que le couplet de la couleuvre. — S’il y a quelque nudité dans un tableau ou dans un livre, ils y vont droit comme le porc à la fange, et ne s’inquiètent pas des fleurs épanouies ni des beaux fruits dorés qui pendent de toutes parts...J’avoue que je ne suis pas assez vertueux pour cela.
...Cette grande affectation de morale qui règne maintenant serait fort risible, si elle n’était fort ennuyeuse. »