mercredi 11 juillet 2018

Poème du linge pendu


OEuvre de Abdelhamid Hanafi
J’ai marché dans la rue des étrangers
Où, le linge est pendu haut et très court
J’ai songé au vieux livre de Behzad,
Par quel chemin vient-on mourir ici
Après avoir sué toutes ses larmes
Ces murs atteints de scorbut sont parents
Des mots que nous n’avons pas échangés
Des confessions de mon ami l’Afghan :
« Par deux fois, j'ai escaladé ces dunes
Je n'ai pas eu soif ni versé de larmes
Mais quand je pense à l’ombre de la fille
Qui n’avait pour tout fiancé qu’un spectre,
J’ai une meurtrissure  côté gauche. »
Je n'ai rien dit. « Viens un jour à Balakh,
Tu verras comme nos matins sont beaux »
Il ne m'a pas invité à prier
J’ai psalmodié comme lui en silence
Priant je sais plus dans quelle langue
Prières d'un homme de peu de foi
Montent   plus loin dans le cœur du zénith.   
J’ai égrené les cris de moi connus
Munch dilué dans ses couleurs criantes
Rodin assourdissant comme la pierre
Et  intégral comme dans la chanson.
J’ai redessiné un autre cri
En effroi comme le dit Dostoïevski
Aïe ! fortissimo :  Aïe ! du fond de l’âme

 J’ai repris les romans de ma jeunesse
D’où vient la blancheur de toutes ces pages
Puis j’ai fureté ailleurs dans mes livres
Et j’ai souligné une phrase dans l’Apocalypse
« Tu passes pour vivant et tu es mort »

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