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dimanche 4 septembre 2011

Guillaume Apollinaire voice

17 commentaires:

christiane a dit…

Quel beau poème qui, lancinant, ouvre la peine des amours défuntes au long du fleuve impassible qui passe comme passent nos souvenirs. Emotion de sa voix, un peu emphatique mais "sa" voix... d'autres voix, des chansons..; sous le pont Mirabeau coule la seine... et nos amours faut-il qu'il m'en souvienne...

giulio a dit…

Oui, chère Christiane, c'est encore de ces splendides poèmes de et à tout ce qui passe.

Mahdia a dit…

La douleur de l’écrivain, c’est que tout ce qu’il a envie que l’autre sache ou lise tout de suite ne se réalise jamais à temps. Quand l’écrit est publié, la flamme est déjà éteinte. Mais il l’allume chez le lecteur, c’est toujours ça. Et il faudrait qu’il se relise sous la plume d’autres, peut-être, pour se réveiller partiellement à ce feu qui l’a brulé un jour et qui maintenant n’est qu’une carte postale de l’Etna.
L’Etna, en latin : Aetna, tirerait son nom du grec « Aitne »de « aithō » qui signifie « je brûle ». Il est également appelé Mongibello. Je ne sais pas Jalel s’il s’agit d’un nom arabe ? « Mon Gibello », s'il n'a pas d'autre signification, signifierait en arabe « ma montagne » ?
Je ne sais pas s’il ya parmi les critiques d’Apollinaire quelqu’un qui s’est penché sur cette relation de l’amour éteint et de l’eau. En réalité, que peut le feu devant le déluge de l’eau, à moins qu’un poète voudrait le maintenir couvant sous terre loin, plus bas que l’endroit où naissent et passent les torrents !

gmc a dit…

芙蓉峰

L'eau naît du feu
Qui la forge en arômes
Que le vent déploie
Telles des oriflammes
Aux contours sensuels

Il n'est d'amour éteint
Qu'effluves d'erreurs
Dotées de pseudonymes
Pour enivrer les yeux
De soyeuses mordorures

Le feu est comme la soif
Inextinguible des sentinelles
Un bûcher de pure fraicheur
Où seule survit la douceur
Dans son écrin de transparence

(nb: mais je ne suis pas fan d'apollinaire^^)

Mahdia a dit…

Oui, gmc, "Il n'est d'amour éteint/Qu'effluves d'erreurs".
J’aime votre "L'eau naît du feu". Quel miracle pourtant ! Et combien je suis épatée par votre transport de l’idée de l’Etna vers le mont Fuji! C’est dans cette traversée que vous avez sans doute transformé le feu en air, en terre puis en eau, avant votre arrivée chez la déesse Kamui Fuchi .
Je ne sais pourtant pourquoi je flaire une redevance à la Tunisie ici car, si le mont Fuji voudrait dire "le pic du Lotus", c’est plutôt du côté de Djerba que vous êtes allé vous désaltérer en lotophage, et considérer le feu comme "Un bûcher de pure fraicheur ".
Pourvu que vous reveniez en bonne mémoire chez vous !
Merci pour ce très beau poème !
Amitiés

gmc a dit…

جربة

Contemplant l'île des hauts-fonds
Le coeur solitaire sourit
A l'idée de géographie

Les mangeurs de lotus dansent
Sur des nuages bigarrés
Par les couleurs de parfums

Aucun trace des vandales
Sur l'encre du sable
Dans laquelle luit encore
Le souvenir de Freyja la blanche

Mahdia a dit…

Il paraît que vous êtes rentré de جربة la mémoire pleine et sauve. Tant mieux!
un très beau poème aussi.

Mais pour Apollinaire , je crois qu'on a encore rien dit à propos de son "pont Marie". Quel beau chef-d'oeuvre que cette architecture faite de sang , de souffle et de milliards de battements de coeur passés à compter le retour de l'autre!

giulio a dit…

@ Mahdia : c'est quoi, ce ""Pont Marie" d'Apollinaire" ?

Je vois son poème "Marie", mais il ne s'adresse d'emblée (1ère strophe)et essentiellement à une femme :

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C'est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Il est vraique la dernière strophe chante un pont :

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

Mais rien ne me dit qu'il s'agisse du fameux Pont Marie reliant l'Île Saint-Louis à la rive droite, qui ne doit pas son nom à une femme (même pas Marie de Medicis), mais à son constructeur, l'ingénieur Christophe Marie. De plus, le poète "passe au bord de la Seine"
et ne la traverse pas. "Marie" n'est donc pas "Le pont Marie".

Bon, tout ça n'est pas très poétique, j'en conviens, quoique intéressant du point de vue de l'histoire de l'art. Ou bien connaîtrais-tu une version plus romantique ?

Mahdia a dit…

Giulio, bonjour !
Je viens de lire votre mot et j’ai beaucoup ri de vous avoir donné du fil à retordre. Comme quoi, combien peut-être les romanciers et les poètes eux-mêmes se riraient de nous lorsqu’ils nous mettent au milieu d’un discours quelque chose qui n’a rien à voir avec la réalité du texte et nous laissent en proie à nos spéculations. Ah, les poètes quand ils viennent à nous manipuler ! C’est malsain tout ça, n’est-ce pas ?
Je devais dire « Marie bau » comme anagramme à Mirabeau et je me suis suffise à Marie pour signaler que ce poème qui appartient au cycle de Marie Laurencin est suffisamment plein de cette femme. Ce poème n’est pas aussi simple qu’on le croit et je le pressens sous la banalité de cet air chantonnant qui cache une esthétique non encore révélée. J’ai presque lu tout ce qu’on a écrit à son propos, mais aucune de ses /ces critiques ne m’a rassasiée.
Mes amitiés, cher poète !

Louigi a dit…

Chère Mahdia, combien un homme avec sa ratio cartésienne et sa logique primitive est lourd et balourd face aux tortueuses subtilités d'un cerveau de femme (à commencer par la mienne) et de son intuition!

Dai mah a dit…

Cher Louigi, merci pour le compliment !
C’est en fait en tissant à l’endroit et à l’envers du mot que la femme se sente pleinement utile au monde. Comme quoi, Athéna a bien fait, par jalousie pourtant, de changer Arachné en araignée. L ‘écriture ne serait autrement jamais considérée comme un acte féminin. Là aussi, cher Giulio, vous ne devez être crédule qu’à quelques pourcents !

giulio a dit…

Modeste avatar au pseudo anagrammique
ne reniant en rien mes racines italiques,
je m’incline devant celle qui fait fi des continents
et s’avataranthroponymise via l’Extrême-Orient.

Mahdia a dit…

J’avoue que ce n’est pas très réjouissant comme anthroponyme ( heureusement obtenu par subversion ) car dans tous les sens ou je le prends, la première partie surtout "Dai", que ce soit en arabe, en berbère ou en tibétain, il me désigne en masculin, et quand je le prends dans sa totalité , il est insensé car il veut dire en arabe : "celle qui éternise". Mais insensé si on le prend comme adjectif à l’être humain mais nullement par allégorie, une vérité inébranlable, par exemple.
Cet avatarisme présomptueux me donne à méditer le secret du langage. Combien, en fait, tout ce qu’on nomme existe comme présence langagière d’abord. Mais n’est-ce pas ce qui se cache à notre compréhension du monde qui nous donne la passionnante ambition de monter chaque jour à dos de notre mot et aller à la recherche de ces Etres-Nous qui nous bouleversent par leur différence, mais qui nous habitent ? Je préfère pourtant " Mahdia", moins prétentieux, et pour tout le reste qui me donne tant de bonheur !

P.S. Je demande pardon à notre ami Jalel pour avoir pris son espace pour le « Speakers' Corner » du Hyde Park.

giulo a dit…

On l'a déjà occupé plus ça, ce blog, chère Mahdia et je pense que Jalel ne demande pas mieux.

De fil en aiguille : Mahdia est un homophone de madia, la huche en italien, de là à penser à la "Marie bon pain" de Bernard Clavel... + les mystères de maints tiroirs cachés...

Mahdia a dit…

Giulio , comme j’apprécie votre amitié !
La huche ! Comme je souhaiterais m’y métamorphoser si je croyais à l’incarnation, pour venir toucher dans mon bois cette miséricorde de Dieu, le pain, avant qu’elle n’aille nourrir les bouches qui la désirent vivement.
J’aime beaucoup cette citation de Louis Veuillot : "A force de prendre dans la huche sans rien y mettre, on en trouve bientôt le fond." Elle me pousse à me régénérer pour m’atteler chaque jour à la préparation de mon pain et ne jamais fermer ma huche à ceux qui viennent y tendre la main.
Et pour avoir songé à moi en "Marie bon pain" que j’aime beaucoup, je vous dédie cette partie de la "Chanson pour l'Auvergnat" de Georges Brassens : "Elle est à toi cette chanson /Toi l'hôtesse qui sans façon/ M'as donné quatre bouts de pain/ Quand dans ma vie il faisait faim/ Toi qui m'ouvris ta huche quand /Les croquantes et les croquants /Tous les gens bien intentionnés/ S'amusaient à me voir jeûner/ Ce n'était rien qu'un peu de pain/ Mais il m'avait chauffé le corps/ Et dans mon âme il brûle encore/ A la manièr' d'un grand festin"
A propos du fil et de l’aiguille, je vous ferais lire prochainement, si vous le désirez, une petite étude sur "L’aiguille aveugle" de José Ensch que je suis entrain de terminer et deux autres lectures, l’une sur Kronz et l’autre sur Kobs, déjà achevées.
Et oui, je m’intéresse de plus en plus aujourd’hui à la littérature luxembourgeoise que je découvre avec émerveillement.
Merci à Jalel de m’en avoir donné le goût !

Jalel El Gharbi a dit…

Chers amis,
Je suis confus de ne pas avoir réagi à vos commentaires. J'ai eu l’égoïsme de m'en délecter et de ne pas prendre la peine de réagir. Vous ne m'en voudrez pas, mais je croule sous une pile de travaux à finir de toute urgence. Amicalement vôtre

giulio a dit…

@ Mahdia : de fil en aiguille, de pain en Brassens et de Brassens en Ensch… Avez-vous lu l’article de Jalel sur «jalelelgharbipoesie.blogspot.com/.../le-grand-pan-de-mur-jaune», ainsi que les subséquents commentaires ?

Quant à l’aiguille aveugle, Jalel a bien voulu mettre dans son blog, pour votre info’ (car trop longue pour entrer dans les commentaires), ma présentation de dilettante dans «Zeitung vum Lëtzebuerger Vollek» du 5.6.2008 (pas encore en ligne à l’époque). Rien que de très superficiel, mais n’oubliez pas que mon lectorat est constitué majoritairement, comme moi, de gens très simples. Je suis impatient et me délecte par avance de lire votre «petite étude».