mercredi 11 juillet 2018

Poème du linge pendu


OEuvre de Abdelhamid Hanafi
J’ai marché dans la rue des étrangers
Où, le linge est pendu haut et très court
J’ai songé au vieux livre de Behzad,
Par quel chemin vient-on mourir ici
Après avoir sué toutes ses larmes
Ces murs atteints de scorbut sont parents
Des mots que nous n’avons pas échangés
Des confessions de mon ami l’Afghan :
« Par deux fois, j'ai escaladé ces dunes
Je n'ai pas eu soif ni versé de larmes
Mais quand je pense à l’ombre de la fille
Qui n’avait pour tout fiancé qu’un spectre,
J’ai une meurtrissure  côté gauche. »
Je n'ai rien dit. « Viens un jour à Balakh,
Tu verras comme nos matins sont beaux »
Il ne m'a pas invité à prier
J’ai psalmodié comme lui en silence
Priant je sais plus dans quelle langue
Prières d'un homme de peu de foi
Montent   plus loin dans le cœur du zénith.   
J’ai égrené les cris de moi connus
Munch dilué dans ses couleurs criantes
Rodin assourdissant comme la pierre
Et  intégral comme dans la chanson.
J’ai redessiné un autre cri
En effroi comme le dit Dostoïevski
Aïe ! fortissimo :  Aïe ! du fond de l’âme

 J’ai repris les romans de ma jeunesse
D’où vient la blancheur de toutes ces pages
Puis j’ai fureté ailleurs dans mes livres
Et j’ai souligné une phrase dans l’Apocalypse
« Tu passes pour vivant et tu es mort »

lundi 2 juillet 2018

Poème de la mise à nu





Oeuvre de Ferdinand Hodler (musée d'Orsay)



Ceci n’est pas un poème. Sont vrais
L'ami, la rade,  la  dame et le livre
Est aussi vraie la guêpe presque nue.
Tout est à moi même ces archaïsmes.

Or - c’est ainsi que commence le texte-
Vers la rade où meurent tous les corsaires
Et où pas un Robinson ne survit
J'ai longé le golfe seul, goéland
Aux ailes confisquées avant le voyage
Alourdi de faims et de mille soifs.

Puis, je vis  proches de grandes abîmes
J'allais donc  au dernier frémissement.

Mais  pour me donner comme  un lendemain, 
Une sirène déchira la nuit
J’ai failli crier : ce n’est rien, silence !
Une dame ameuta le monde entier
L’un des nôtres s’éteint. Je l’accompagne
S’il meurt. Venez, sauvez-le ou je meurs.
Je vis accourir les siens en silence.

Le soir alors que la terre entière
Dormait, lisait ou s’aimait en silence
J’ai eu une idée pareille au soleil :   

Pourquoi ne pas m’enfuir par la fenêtre
Me jeter au creux du bras ensablé
Me confier à la première vague
Me réveiller sain et sauf à Chiraz
Ou sur la route qui mène au matin ?

Je reviendrai pour lui  baiser les mains
Me mettre à genoux, lui donner un gage
Et avant que revienne la douleur
M'enfuir et me cacher là où personne
Ne me connaît ni ne parle ma langue


Tremblant de peur de ne plus repartir
De rester inerte comme un galet
J’ai pensé à ce que je devais voir,
Aux étreintes, aux départs en souffrance.

Toute la nuit, j’ai cherché un remède :
Verveine, camomille, romarin,
Valériane,  reine-des-prés, acanthe...

J’ai proposé que me soient prescrits vite
L’ombre des eucalyptus sur le lac
Du vin, du fromage et une cerise
Un ou deux  poèmes antéislamiques.

Je n’ai pas reconnu ma propre mort
En ce monstre de silence hideux.


L’ami afghan connaissait son remède
Revoir Mazar Echerif et sa fille
Elle,  prunelle de mes jours !  dit-il
Mais personne ne l’entendait ainsi
La prose en médecine est trop pesante.

L’ami afghan partit à mon insu
Seul l’amour de sa fille survécut
Sur la table, un chocolat éventré
Et l’ombre seule d’un camion à Hérat.

J’avais raison ce n’était pas ma mort.
Pour oublier les fièvres de la veille
J'ai replongé dans  
The Book of secrets
De Ahmed Ibn Khalaf Al Mouradi
Expliquant en deux langues les machines
Et les machinations de la parole.

J’ai ouvert la fenêtre à l’air chaud
Une sirène, brise matinale,
Au bord d’un calme lacustre allongée
Elle portait un maillot jaune et noir
Comme une belle guêpe presque nue
Elle posa le dard du désir. Mon corps
Reprit les litanies oubliées.

A moi la rose et la rosée des matins
A moi le galbe des dunes dressées
La verdeur sucrée de la terre hâlée.

Passante qui n’êtes jamais passée
Saurez-vous quel brasier prit en moi ?

J’étais voyeur de mon propre retour
Il me restait donc des pages à vivre
Actéon surprendra Artémis encore
Il me souvient du jour où j’ai suivi
-Poursuit-on autre chose que son âme ?-
L’oiseau voletant seul de palme en palme
Il haletait, comme moi éperdu.
Je voulais juste le nom de l’oiseau
Trop essoufflé pour cingler vers Faris

A plusieurs noms celui qui n’en a point
Traquet ou Oum Salem en Arabie
Wheatear quand il traverse la Tamise
Moukhadrem serait son autre surnom
Pourtant  qu’importent  la couleur, le nom
Pour qui a tant désiré, tant marché
Un rien peut faire son oasis.

Je pourrais fermer les yeux, reconnaître
La page entière mais non pas le livre
L’escale nocturne  et non le voyage
Le sourire et non pas le visage
Je pourrais sans trop me donner de peine
N’ouvrir ni le livre ni le hublot
Et me dire, sans me tromper, c’est Elle.
Et je pris de bonnes résolutions
Ne rien devoir au silence étendu
Le nom du parfum oublié embaume
Les mots restés dans l’iris du silence
Prier  que vienne vite le cheveu
Qu’elle oubliera un jour sur mon épaule.

Me reviennent de droit soixante pays
Passantes,  bars houleux, ponts chancelants
Et me reviennent des caresses sur
Toutes  ses tresses et des mots forgés
Eclopés comme ces décasyllabes

Il y a quelques jours,  j'ai fait le bilan 

Livres exceptés, je n’ai rien de droit. 

samedi 2 juin 2018

ORCHESTRAL TUBULAR BELLS (3)


En signant à 17 ans ses Tabular Bells, dont le prélude a été repris dans le film The Exorcist, Mike Oldfield consacre la noblesse du Rock en lui donnant une grande symphonie. Les aérophones  (hautbois et cuivres) sont divins  à partir de la minute 3.20 et à partir de la minute 6.20 on était exorcisés. C'étaient les années 70 ! 

jeudi 10 mai 2018

En lisant Greene

Je lis L'orient-Express de Graham Greene dans la coquette édition du Club du Livre et je relève ce passage "le Juif pouvait montrer cette autre qualité qu'il partageait avec l'Arabe, être l'hôte princier qui lave les pieds des mendiants et les nourrit de son propre plat." En anglais, la phrase a une allure princière, sans doute à cause de l'allitération en [f] perdue dans la traduction : the Jew could show that other quality he shared with the Arab, the quality of the princely host, who would wash the feet of beggars and feed them from his own dish".
Le mot de Green me fait penser à celui de Bernanos que je cite de mémoire "il n'y a de guerre que fratricide" (Un mauvais rêve).

lundi 7 mai 2018

Notre ancêtre Dion

Du vénérable Dion, il nous reste cette mosaïque funéraire. Le vénérable Dion a vécu au Vème siècle après Jésus-Christ à Uppenna ( près de l'actuelle Enfidha). Il est mort - paix à son âme- à 80 ans après avoir, nous dit cette mosaïque, planté 4 000 arbres, vraisemblablement des oliviers, ceux du Henchir Enfidha, qui va du Sahel jusqu'au Kairouanais.


Cette mosaïque est conservée au musée d'Enfidha, une ancienne église. Qu'on en juge par la photo ci-dessous. Un de ces endroits si rares où art, religion, histoire et érudition font un.


vendredi 26 janvier 2018

Carthage et les Etrusques : une belle exposition à Carthage


Le musée de Carthage vient de se doter d'une nouvelle vitrine consacrée aux objets étrusques trouvés en Tunisie. Il s'agit de plus de 200 objets remontant au VIe et VIIe siècle avant Jésus-Christ. On peut y admirer des merveilles en bucchero (type de poterie en terracotta fine et légère) comprenant des canthares (vases à anses relevées, du grec κάνθαρος qui a donné en arabe خندريس désignant le vin, terme qu'on trouve dans la poésie arabe de Sicile au Xe et XIe siècles), des aryballes (vases à grosses panses), des alabastres (poteries de forme oblongue servant à transporter l'huile ou le parfum), des oenochoés (pichet à vin), des skyphos (vase à boire, sans anses), des amphorisques (jarres à deux anses) des kylix (vases peu profonds servant à la dégustation) et des amphorettes.



Une pièce à ne pas rater : la tessère d'hospitalité (tessera hospitalis), qui appartenait à un jeune Carthaginois Puinel Karthazies. La moitié de cet objet se trouvait en Etrurie et la confrontation des deux objets permettait au jeune homme d'être identifié et de jouir de l'hospitalité étrusque.


samedi 6 janvier 2018

En lisant P.-J Toulet

Pour vous, ce passage irrésistible du roman de Toulet Mon amie Nane
Pour en savoir plus sur Toulet, je vous recommande la thèse de Daniel Aranjo en deux volumes, publiée en 1980 à Pau. 


 Quand je serai une vieille dame morte, dit Nane, j’aimerai à me vêtir, moi aussi, de brouillard lilas, et de fumée rose ; je me nourrirai avec le parfum des fleurs ; ou avec l’odeur des prunes, qui est délicieuse et qui me donne des envies d’amour.
Elle ferme les yeux et s’imagine peut-être, dans l’ombre et l’herbe d’un verger, sucer l’or des mirabelles, tandis que les abeilles bruissent autour des branches et qu’un papillon couleur de soufre se balance indolemment au milieu de la chaleur.
— Mais je ne sais pas du tout, reprend-elle, ce que je ferai quand je serai une vieille dame vivante. Peut-être vendrai-je des journaux dans un kiosque, près de Saint-Lago avec un roquet qui aboiera aux clients. Il ne me sera pas resté d’amis, personne ne viendra causer avec moi, jamais, pas même le sergent de ville ; et j’aurai envie de pleurer à voir les mômes, sur le trottoir, découvrir leurs chaussettes — comme moi, jadis.
— Ne pleurez pas, bébé, les choses ne seront pas si noires, mais, au contraire, un de vos amis vous ayant acheté un fonds de commerce, vous trônerez au milieu d’une belle épicerie. Il y aura tout autour de vous des ananas écailleux, mille pâtés dans des boîtes brillantes, et ces flacons où les fruits confits ressemblent aux pierres les plus précieuses. Il y aura aussi les regards en coulisse des garçons qui loucheront sur la patronne en pensant à tant de belle chair perdue sous vos amples jupes. Car vous serez grasse, Nane ; mais vous serez sévère aussi et ne souffrirez point de galanterie des subalternes.
— Et pourquoi, dit le philosophe, ne seriez-vous pas la châtelaine d’une bicoque Louis~XIII, blanche et rouge, qu’on apercevrait de loin à travers les trembles ? Vous y porteriez le deuil honorable de feu le colonel de réserve votre mari ; il aurait toujours sa place à la table où, trois fois la semaine, vous joueriez le whist avec quelque hobereau sondeur du voisinage et monsieur le curé.
— Non, non, pas de curé, ça porte malheur !
— Ah ça ! Nane, seriez-vous devenue anticléricale ?

mardi 2 janvier 2018

Louis Janmot : Le poème de l'âme & L’Âme poème.

Louis Janmot 1814-1892 de l’école de Lyon
Louis Janmot : Fleur des champs.

Pendant plus de quarante ans, il travaille à une série de tableaux Le Poème de l’âme, formée de deux cycles : un cycle de 18 tableaux et un autre de 16 dessins. L’ensemble est aujourd’hui superbement exposé au musée des beaux-arts de Lyon.  On y voit l’Influence conjuguée des nazaréens allemands  s’inscrivant dans la lignée de Dürer et des préraphaélites anglais.  Cette œuvre relate le cheminement spirituel d’un jeune accompagné de son alter ego féminin.


Louis Janmot a décliné son œuvre en poésie. La version poétique de l’œuvre picturale comprend 2800 vers.


L’œuvre dans son  volet pictural a été saluée par Baudelaire et Delacroix a été frappé par sa parenté avec  l’univers dantesque. Il est à noter qu’un poème de Janmot se réfère explicitement à Dante :
Peut-être en tout ceci rien n’est réel : d’un rêve
Ce n’est que l’accident pénible et passager,
Et, vienne le réveil, je n’y dois plus songer.
Quand ma jeunesse en fleur était en pleine sève,
Combien de fois, après le jour le plus heureux ;
Par contraste, la nuit, un songe monstrueux
Digne de figurer dans les cercles du Dante,
Remplissait mon esprit de deuil et d’épouvante,
Puis s’évanouissait aux regards du soleil.
L’Ame Poème vient d’être réédité. L’ouvrage comprend l’ensemble de l’œuvre poétique et pictural.  

vendredi 29 décembre 2017

L'armée tunisienne et la voiture de Rommel.

La voiture de l'Africa Korps utilisée par le "Renard du désert", Erwin Rommel, lors de la campagne d'Afrique du Nord vient d'être restaurée par l'armée tunisienne. Elle sera exposée au musée de Mareth. 
Musée de Mareth, un des musées tenus par l'armée nationale.

mardi 19 décembre 2017

Bare bones, just published poems of Norton Hodges

THE BOOK
General Gordon, the hero of Khartoum,
gave a bible to my adoring grandfather,
waiting at the foot of the plank.

I imagine that Holy Book with its black
leather burden passed down
and ending up with me, the first-born.

By that time its message had long been
digested, smoothed by time :
Strive, Suffer, Go Beyond.

I gave up my youth and middle age
to that philosophy of rape and pillage ;
many times I bled from His crown of thorns.

Lucky now to be among the walking wounded,
I chuck the evil book away,
having decided to live outside history. 

dimanche 17 décembre 2017

Ibn Khaldoun au Registre Mémoire du monde

La Tunisie cherche à inscrire Les Prolégomènes d'Ibn Khaldoun (Tunis 1332- Le Caire 1406) au Registre Mémoire du monde de l'UNESCO.


L'oeuvre monumentale d'Ibn Khaldoun suivrait de la sorte le texte abolissant l'esclavage en Tunisie (1841)sur le même Registre.

lundi 13 novembre 2017

Une page de Stevenson

Robert Louis Stevenson donne à lire dans Voyage avec un âne dans les Cévennes (Travels with a Donkey in the Cevennes) la page irrésistible que voici : 



La route passait sous les châtaigniers et, bien que j'aperçusse quelques hameaux au-dessous de mes pieds dans la vallée et plusieurs habitations isolées de fermiers, la marche fut très solitaire tout l'après-midi et le soir s'amena promptement sous les arbres. Tout soudain j'entendis une voix de femme chanter non loin de là une vieille ballade mélancolique et interminable. Il semblait s'agir d'amour et d'un bel amoureux, son aimable galant. Et je souhaitai pouvoir reprendre le refrain et lui faire écho, tout en poursuivant, invisible, ma route sous bois, unissant, comme la Pippa du poème, mes pensées aux siennes. Qu'aurais-je eu à lui dire ? Peu de choses ; tout ce que le cœur requiert pourtant ; comment le monde donne et reprend, comment il ne rapproche les cœurs qui s'aiment que pour les séparer de nouveau par de lointains pays étrangers ! Mais l'amour est le suprême talisman qui fait de l'univers un jardin et "l'espérance commune à tous les hommes" annule les contingences de la vie, atteint de sa main tremblante par delà le tombeau et la mort. Aisé à dire, certes. Puis aussi, grâce à Dieu, doux et réconfortant à croire.
Mais, lisez plutôt le passage dans le texte : 

The road lay under chestnuts, and though I saw a hamlet or two below me in the vale, and many lone houses of the chestnut farmers, it was a very solitary march all afternoon; and the evening began early underneath the trees.  But I heard the voice of a woman singing some sad, old, endless ballad not far off.  It seemed to be about love and a bel amoureux, her handsome sweetheart; and I wished I could have taken up the strain and answered her, as I went on upon my invisible woodland way, weaving, like Pippa in the poem, my own thoughts with hers.  What could I have told her?  Little enough; and yet all the heart requires.  How the world gives and takes away, and brings sweethearts near only to separate them again into distant and strange lands; but to love is the great amulet which makes the world a garden; and ‘hope, which comes to all,’ outwears the accidents of life, and reaches with tremulous hand beyond the grave and death.  Easy to say : yea, but also, by God’s mercy, both easy and grateful to believe!


-- 

dimanche 29 octobre 2017

Sadok Guissouma n'est plus !


Qui rit le plus profond, qui sait mieux que nous tous parler de Robert de Musil et lors d'un colloque vous glisse un papier hilarant sur un poète préislamique.  Et qui par-dessus tout est le plus compétent et le plus intègre des professeurs. L'homme aux grandes qualités n'est plus. 

mercredi 18 octobre 2017

A paraître le 31 octobre aux éditions Classiques Garnier

L'Enfance dans la culture arabe contemporaine (Collectif)



















Contributeurs : Nehmetallah Abi-Rached, Nadjet Amari,  Héla Ben Mbarek, Fran- çoise Bombard, Roland Carrée, Amina Chorfa, Hadj Dahmane, Laurence Denooz, Jalel El Gharbi, Sanae El Ouardirhi, Pierre Suzanne Eyenga Onana, Rania Fathy, Virginie Fernandez, Andrea Forget, Miloud Gharrafi, Jabbar Yassin Hussin, Rachel Ltaif, Francesco Paolo Alexandre Madonia, Marie-Thérèse Oliver-Saïdi, Berna- dette Rey Mimoso-Ruiz, Khalid Rizk, Mathilde Rouxel, Lena Saade-Gebran, Anne Schneider et Talal Wehbe.

mardi 17 octobre 2017

الشاعر سعدي الشيرازي - بني آدم En français Fils d'Adam Saadi Shirazi



Les hommes sont un seul corps
Extrait d'un même élément
Si un  organe est atteint d'un mal douloureux
Les autres n'ont point de répit
Si tu ne souffres pas pour les autres,
Comment peux-tu te dire humain ? 


mercredi 27 septembre 2017

Appel à contribution autour du thème Histoire de la littérature féminine en Tunisie


Safia Farhat : Les Enfants

La revue "Littératures Maghrébines et comparées" que dirige le professeur Abdallah Mdharhri prépare pour son numéro 15, un dossier spécial "Histoire de la littérature féminine en Afrique". La revue a déjà reçu les contributions de l'Algérie, du Maroc, de la Mauritanie, du Liban, de l'Arabie Séoudite, du Sénégal, de la Côte d'Ivoire, du Togo.
Une contribution portant sur l'histoire de la littérature féminine tunisienne serait la bienvenue.
Dernier délai : 15 novembre 2017
Ecrivez-moi, je me ferais un plaisir de transmettre : jalel.elgharbi[@]gmail.com
  

samedi 23 septembre 2017

Appel à communication pour le congrès "Imaginaires de l’altérité"

3ème Congrès International du CRI2i

Imaginaires de l’altérité Hammamet – Tozeur, Tunisie
6-10 mars 2018

Ex-voto, oeuvre de Myrtille Henrion Picco
Le réseau CRI2i se propose de consacrer son 3e Congrès international aux débats autour des imaginaires que suscite la question de l’altérité. Cette notion a beau avoir été largement analysée en  philosophie et en  sciences humaines, elle continue à nous préoccuper, présidant à  notre conscience et imposant un questionnement incessant. Le rapport à l’Autre n’a jamais été aussi problématique que dans le contexte mondial actuel où les nouvelles valeurs de standardisation véhiculées par la culture de la mondialisation font face à l’hégémonie croissante des revendications identitaires. L’époque est marquée par le brassage des identités, voulu par le nouvel ordre mondial, et la pensée unique libérale se heurte à une opposition farouche des groupes sectaires et des mouvements radicaux. Qu’est-ce qui justifie cette flambée de violence qui frappe au quotidien, çà et là, et ces discours brandissant la bannière de l’inimitié, sinon le rejet de la différence et la négation de l’altérité ? Qu’est-ce qui triomphe aujourd’hui partout dans le monde sinon l’exclusivisme, l’intolérance et la haine de l’Autre ?
C’est dans ce contexte tendu, placé sous le signe du choc des civilisations, que s’affirme le besoin de revisiter la notion d’alteritas et de confronter les imaginaires philosophique, artistique et littéraire relatifs à la notion de l’Autre dans sa relation dialectique avec celle de l’identité collective. N’est-il pas temps de réévaluer l’image de soi et de réajuster la représentation de l’Autre ? de dépasser le nombrilisme et l’ethnocentrisme afin de passer d’une altération à une véritable altérité ?
Néanmoins, loin de vouloir nous enfermer dans les regards croisés entre Orient et Occident – ou encore entre Nord et Sud – et de nous limiter aux représentations bipolaires et réductrices, développées de part et d’autre des deux rives de la Méditerranée, entre autres, nous  voudrions définir l’Autre dans sa large diversité, en tant que somme de constructions imaginaires plurielles, tributaire de la société et de l’époque et renfermant une infinité de figures et de représentations.
Les anciens Grecs, à l’instar de maintes cultures, ont déjà multiplié les figures de l’Autre mais ont perçu l’altérité surtout sous un angle négatif. Prenant un caractère centripète, leur conception de la cité s’articulait autour des privilèges propres uniquement aux citoyens libres qui devaient occuper le centre, tout en repoussant dans la marge et selon une catégorisation spatiale, tous ceux jugés différents : non seulement les étrangers, les barbares et les ennemis, mais également les femmes, esclaves et éphèbes.
Nous voudrions donc engager une réflexion sur les diverses manifestations de l’altérité et interroger non seulement ses multiples représentations littéraires et artistiques, mais également les soubassements historiques, psychosociaux et idéologiques à l’origine de sa  construction. Nous nous proposons de nous ouvrir à la pluralité des formes d’altérité : l’altérité exogène qui renvoie à des peuples différents dont nous séparent la géographie ou /et le temps, et l’altérité endogène « référant à ceux qui, marqués du sceau d’une différence, qu’elle soit d’ordre physique ou corporel (couleur, race, handicap, genre, etc.), du registre des mœurs (mode de vie, forme de sexualité) ou liée à une appartenance de groupe (national, ethnique, communautaire, religieux, etc.), se distinguent à l’intérieur d’un même ensemble social ou culturel et peuvent y être considérés comme source de malaise ou de menace »[1].
L’imaginaire de l’altérité devrait être analysé lors de ce Congrès, comme un espace intermédiaire, comme une interface entre la conscience de soi et l’environnement social, le sujet et le monde, conditionnant de la sorte notre rapport à la littérature, à l’art et à la culture et s’imposant par là même à toute forme de création. Il détermine notre vision du monde et notre façon de l’interpréter. Nous voudrions identifier la trace et l’importance de l’Autre comme matrice de la création, remettre en question la notion de l’originalité de l’œuvre et démystifier sa perception comme une pure création. Celle-ci doit être perçue comme une rencontre et une synthèse d’une altérité plurielle, prenant des dimensions discursives, esthétiques et poétiques. Cette rencontre a déjà été largement conceptualisée par maintes approches critiques contemporaines, notamment en Tunisie : polyphonie, intertextualité, dialogisme, plurilinguisme, etc.
Ce Congrès permettra également d’étendre la réflexion à l’imaginaire de l’ailleurs et de l’autrefois et d’interroger le goût du pittoresque et tout l’héritage de l’exotisme. On réfléchira, particulièrement, sur les fantasmes et les obsessions, sur les clichés et les stéréotypes qui n’ont cessé de modeler l’image de l’Autre. D’autre part, on profitera de ce débat autour de la notion d’altérité pour réévaluer toute une terminologie critique souvent utilisée de manière interchangeable, en l’occurrence, interculturalité, transculturalité, pluriculturalité, et  acculturation.
Tout en privilégiant les domaines de la philosophie, des lettres et des arts, nous souhaiterions, lors de ce Congrès, nous ouvrir à toutes les disciplines que peut solliciter  la réflexion sur l’altérité. Nous ambitionnons de confronter les approches en histoire, en sociologie, en psychanalyse, etc. et de créer des synergies interdisciplinaires autour des formes d’exclusion et du statut  de la diversité.
Le 3e Congrès International du réseau du CRI2i se propose donc de dresser un état des lieux des recherches menées sur l’imaginaire de l’altérité dans les pratiques artistiques et les sciences humaines et sociales en confrontant analyses, travaux et perspectives à partir des axes suivants :
  • Philosophie (religion, sacré), psychanalyse et neurosciences
  • Arts, littérature et linguistique
  • Pédagogie et sciences de l’éducation
  • Histoire, sciences politiques et sciences sociales.

Principales échéances et droits d’inscription

– Les fiches de pré-inscription seront renvoyées aux adresses mentionnées avant le 25 juin 2017. 
– Les propositions définitives de communication (titre, résumé – une vingtaine de lignes –, 5 mots clefs) seront accompagnées d’une courte notice bibliographique (modèle joint) et envoyées au plus tard  le 15 octobre 2017 à l’adresse suivante : ismail_hichem@yahoo.frcongres3.cri2i@gmail.com
-15 décembre 2017 : notification de la liste des communications acceptées.
-30 janvier 2018 : rentrée des textes définitifs, accompagnés de leur résumé.
Un droit d’inscription forfaitaire de :
  • 250 € sera demandé aux participants étrangers. Ce droit d’inscription inclut :
    • le programme du colloque ;
    • les pauses-café ;
    • l’hôtel en  pension complète pendant 4 jours.
  • 330 DT sera demandé aux participants locaux. Ce droit d’inscription inclut :
    • le programme du colloque ;
    • les pauses café ;
    • l’hôtel en pension complète pendant 3 jours.

Circuit touristique au sud tunisien

Le Congrès qui se déroulera dans un grand hôtel à Yasmine Hammamet les 6,7 et 8 mars 2018 (mardi-jeudi), sera suivi les 9 et 10 mars (vendredi-samedi) d’un circuit touristique en autocar dans le sud tunisien désertique. Au programme : visite de Gabès et des Habitations Troglodytiques berbères à Matmata, visite du centre d’animation Pégase à Douz (balade à dos de dromadaires – pour ceux qui le souhaitent –, ou en quad, ou encore en deltaplane. Assister au coucher du Soleil au cœur du Sahara), visite de Tozeur et des oasis de montagnes Chebika et Tameghza, balade en 4×4 dans les dunes d’Ong El jemal et visite du décor de Star Wars.   Il s’agit d’une excursion optionnelle pour un prix de 130 € par personne.

Comité scientifique

Jean-Jacques WUNENBURGER (Université Jean Moulin Lyon3, France)
Corin BRAGA (Université Babes-Bolyai, Cluj-Napoca, Roumanie)
Hédia ABDELKEFI (I2L- Université Tunis El Manar, Tunisie)
Ali TOUMI ABASSI (Université de la Manouba, Tunisie)
Jalel El GHARBI (Université de la Manouba, Tunisie)
Ana Tais PORTANOVA BARROS (Universite Federale du Rio Grande do Sul, Porto Alegre, Brésil)
Gérard PEYLET (CLARE-LAPRIL, Université Michel de Montaigne, Bordeaux-Montaigne, France)
Véronique ADAM (Université Toulouse II, France)
Hichem ISMAIL (Université de Sfax, Tunisie)

Comité d’organisation

Besma HNANA (Université de Sfax)
Semia SALLEM (Université de Sfax)
Mohamed BOUSSARSAR (Université de Sfax)
Hichem ISMAIL  (Université de Sfax)

Coordinateur du Congrès

Hichem ISMAIL

samedi 9 septembre 2017

La Table de Jugurtha

La Tunisie prépare un dossier pour l'inscription de la Table de Jugurtha sur la liste du patrimoine universel de l'humanité. Il s'agit d'une mesa dont l'altitude s'élève à 600 mètres. Ce site difficile d'accès servit de refuge lors des diverses conquêtes que connut la Tunisie. La Table de Jugurtha se trouve dans la région du Kef, à Kalaat Senane. 
Le dossier de la Table s'ajoute à trois autres que la Tunisie prépare : Djerba, pour la coexistence entre les trois religions, les poupées de Sejnane (en terre cuite), et Tozeur avec le Chott Djerid.


mardi 22 août 2017

نعم لإقرار المساواة التامة والفعلية بين الجنسين في تونس

نعم لإقرار المساواة التامة والفعلية بين الجنسين في تونس
(oui à l'égalité totale et effective entre les deux sexes en Tunisie)

samedi 24 juin 2017

Le musée de l'armée nationale

 (Photo Samia Chagour)
Galerie des antiquités du Musée militaire national de La Manouba (Palais de la Rose, ancienne maison Hammouda Pacha), superbement restauré par l'armée. 
Le musée retrace l'histoire militaire de la Tunisie depuis les guerres puniques jusqu'à ses derniers faits d'armes. 
A visiter. 

mercredi 21 juin 2017

Nos ancêtres les Philène


L'historien Valère Maxime rapporte dans Faits et dits mémorables que Carthage et Cyrène (l'actuelle Shahat en Libye), cité grecque à l'époque,  se disputaient les territoires limitrophes et n'étaient pas d'accord sur le tracé des frontières.

En peuples peu belliqueux, Carthaginois et Cyrénéens convinrent de faire partir des jeunes au pas de course de leurs villes respectives. Le point de rencontre des deux parties constituerait la frontière. Selon Valère Maxime, les Philène, deux frères mandatés par Carthage seraient partis avant l'heure convenue (ce que je démens formellement, je prétends que les Philène ont marché jour et nuit !) tant et si bien que la rencontre eut lieu près de Cyrène, du côté de l'actuelle Ras Lanouf. 

Temple de Zeus à Shahat
Excédés, les Cyrénéens admirent la nouvelle frontière à condition que les frères Philène acceptassent en contre partie de se laisser enterrer vivants. Ils y consentirent sans difficulté.
Lorsque les Italiens ont occupé la Libye (de 1911 à 1943), ils ont érigé à la frontière de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque un monument à la mémoire de nos valeureux ancêtres  rappelant leur autel, l'arco dei Fileni.
Une réplique d'un tel monument pourrait baliser la frontière avec nos voisins libyens. A bon entendeur salut !

mercredi 7 juin 2017

Université de La Manouba, programme du Master 1 et 2 en langue et littérature françaises

                            Programme Master 1    (2017/2019)
  Premier semestre
Littérature XVII et XVIII siècles
    Corneille, Cinna
     Montesquieu, Les Lettres persanes
Littérature francophone : Driss Chraibi, Le Passé simple
                                         Césaire, Cahier d’un retour au pays natal
Question de littérature moderne et contemporaine
        Le train : Zola, La Bête humaine
                        Cendrars, La Prose du Transsibérien
        L’homme et la nature : Giono, Que ma joie demeure
                                             Le Clézio, Onitsha
   Deuxième semestre
Littérature du Moyen-âge et du XVIè siècle
            Chrétien de Troyes, Yvain ou le Chevalier au lion
            Montaigne, Les Essais, livre III
Littérature du XIXè et du XXè : Musset, Lorenzaccio
                                                    Alain Robbe-Grillet, La Jalousie
Littérature comparée :
Volonté et résistance : Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique
                                          Hemingway, Le Vieil homme et la mer
L’homme et son double : Stevenson, L’Etrange cas de Dr.Jekyll et Mr Hyde
                                                Théophile Gautier, le Chevalier double
                                                 Italo Calvino, Le Vicomte pourfendu
Options : Sémiologie de l’image
                  Critique littéraire

                                                                   Master 2


Poésie : Rimbaud, Poésies
Roman : Camus, La Chute
Théâtre : Beckett, Fin de partie
Essai : Tocqueville, De la démocratie en Amérique





vendredi 21 avril 2017

Appel à contribution

Les ancêtres numides
Les ancêtres numides
Appel à contribution

            Dans les littératures tunisienne et algérienne, la référence à la Numidie relève moins de l’intérêt historique que d’un avenir commun qui demande à être construit. Il appert, en ces temps où, pour des raisons autres qu’identitaires, se pose avec acuité la question de l’identité, que la référence au passé numide illustre l’idée que l’identité ne relève pas du « parfaire » mais du faire. Elle n’est pas réalisation d’idéaux - de quelque nature qu’ils soient -  mais ressourcement et ouverture sur l’altérité, i.e. sur cela qui est donné comme négation de l’identité. Nous extrapolons à peine en soutenant que l’identité réside dans la remise en question de l’identitaire, dans la perspective d’un questionnement, d’un faire, d’un poïen.  
            Nous proposons dans l’ouvrage que nous projetons de publier d’axer la réflexion sur la référence à la Numidie et aux Numides dans les lettres tunisiennes et algériennes contemporaines. Il s’agira pour nous d’étudier la manière avec laquelle s’opère l’inscription de la dimension numide dans la revendication identitaire des héritiers du passé numide (Tunisiens et Algériens). Qu’est-ce qui rend signifiant la référence à ce passé caduc ? Quelles accointances peut-il avoir avec l’avenir ? Notre propos n’est pas de réfléchir sur les implications idéologiques de cette présence numide mais plutôt d’interroger les conditions textuelles, stylistiques d’une telle inscription. Comment la référence au passé mythique, pour certains, se fait-elle dans le texte ? Quelles en sont les figures médiatrices ? Par quels biais le passé devient un des signifiants d’un avenir qui se profile ?

Calendrier : Les propositions de textes sont à envoyer à jalel.elgharbi@gmail.com avant le 25 juin.
Notification de l’acception le 30 juin
Envoi des articles : le 1er octobre 2017
Parution de l’ouvrage : début 2018

Tous les textes seront soumis à une double évaluation.