mercredi 17 octobre 2012

Chez Maurice Carême

Bureau de Maurice Carême à Anderlecht.
Ci-dessous la cuisine que fleurissent des physalis et un poème de Maurice Carême.  



La cuisine 



La cuisine est si calme
En ce matin d’avril
Qu’un reste de grésil
Rend plus dominical.

Le printemps, accoudé
Aux vitres, rit de voir
Son reflet dans l’armoire
Soigneusement cirée.

Les chaises se sont tues.
La table se rendort
Sous le poids des laitues
Encor lourdes d’aurore

Et à peine entend-on,
Horloge familière,
L’humble cœur de ma mère
Qui bat dans la maison.

(Maurice Carême, Mère, 1935)

3 commentaires:

giulio a dit…

C'est gentillet, mais ne m'enthousiasme pas, cher Jalel. Tout cela sent un peu le renfermé, les pantoufles, l'encaustique, la poussière et la soupe aux choux.

Jalel El Gharbi a dit…

Cher Giulio, il me semble qu'il y a chez Carême une apparence d'anodin qui ne doit pas cacher la gravité de l'existence. Cette prédilection pour l'anodin est à mettre en relation avec 1) l'époque et ses horreurs
2)cette esthétique du quotidien merveilleusement illustrée par l'art hollandais.
Amitiés

Djawhar a dit…

Ce post me plaît infiniment pour la totalité de ses choses, présentes ou absentes. Pour Maurice Carême dans les mots et au-delà de ses mots.Pour la cuisine de la mère que le poète a sublimé et pour la cuisine du poète que la bien-aimée Jeannine Burny ouvre à l’admiration des poètes du monde, comme elle le fait pour la bibliothèque, le salon, le jardin où les traces du poète restent vivantes à travers l’ardeur qu’elle met dans les mots qui le racontent, ce bien-aimé parti trop tôt mais ravivé inlassablement dans la volupté de le vivre indéfiniment .