jeudi 13 décembre 2012

Lao-Tseu


Trente rayons convergent vers un moyeu
Mais c’est le vide médian
Qui fait marcher le char.

On façonne l’argile pour en faire des vases,
mais c’est du vide interne
que dépend leur usage.

Une maison est percée de portes et de fenêtres,
C’est encore le vide qui permet l’habitat.

L’être donne des possibilités,
C’est par le non être qu’on les utilise.

                                     Lao- tseu Tao-Tö king

8 commentaires:

Djawhar a dit…

Extrêmement juste. On ne peut pas être plein tout en étant en manque. L’absence est ce qui nous remplit.

Djawhar a dit…

Mais dans le sens de Lao- tseu, le vide médian est tout autre chose. C’est l’entre-deux que les spécialistes chinois croient être le chiffre TROIS dans la pensée de ce savant. Une troisième entité, un vide du milieu qui joue dans l’être humain et dans les choses le rôle d’attache, de liaison entre le haut et le bas, le oui et le non, l’accord et le désaccord, le positif et le négatif. Pour bien saisir cette "saine" philosophie, Il faut revenir à la conception du Ying et du Yang dont Lacan en était fantastiquement épris.

Djawhar a dit…

Le Yin ( Yin et Yang)معذرة .

giulio a dit…

Il ne croyait pas si bien dire, le bon Lao-Tseu. Lorsque aujourd'hui nous savons que dans cette nature que les philosophes ont prétendu avoir horreur du vide, presque tout est, justement, vide. Les atomes qui constituent la matière ne consistent eux-mêmes que pour une part infinitésimalement petite de matière... Et encore... même celle-ci pourrait finir par se révéler pure énergie.

helenablue a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Djawhar a dit…

Oui "La nature a horreur du vide" disait Aristote (aphorisme repris par certains philosophes européens), c’est pourquoi la vision des grecs qui a engendré la pensée occidentale et la vision chinoise n’ont que rarement l'opportunité de se rencontrer.

Quand chez Heidegger "L’être est le vide extrême", et dans la pensée la plus vague, le vide est chute ou néant, pour le chinois, du paysan le plus illetré au penseur le plus illuminé, ce vide est celui de l’élévation et de la lumière, le troisième souffle qui règle le rapport entre deux forces qui se trouvent en vis-à-vis.
Le vide médian, zhong kong comme l’appellent les chinois, est cette force qui fait s’entrecroiser, s’interpénétrer et jusqu’à devenir intimes les deux éléments du yin et du yang présents dans toute entité vivante. Cette conception très profonde de la représentation de la vie sur terre donne à penser l’être non pas à travers son caractère duel, qui sans cesse pousse à trancher pour ce côté-ci ou ce côté là, mais son caractère ternaire qui doit cependant, au lieu de briser l’entente entre la montagne et le fleuve, faire célébrer leurs épousailles et fructifier leurs mouvements qui deviennent dans cette vision des cercles concentriques, attirant sans cesse d’autres cercles, d’autres éléments issus d’autres êtres. ON rejoint ainsi la belle phrase d'Hölderlin :"il faut habiter poétiquement le monde" que François Cheng a merveilleusement médité lorsqu’il pense que les pétales sont "un geste d’offrande " invitant à " accueillir" la rose et non à la " cueillir".
Ici, c’est précisément le vide médian qui crée cette beauté supplémentaire ( qui crée la beauté poétique ou artistique) qui entrecroise "la rose qui s’offre à la vue et le regard qui la capte" car dit encore Cheng, c’est "lorsqu’elle est captée par le regard que la beauté prend tout son sens",mais tant qu’elle n’est pas vue, elle est "en pure perte".

giulio a dit…

passionnant contrappunto de civilisations, chère Djawhar !

Anonyme a dit…

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