jeudi 22 octobre 2009

Torquato Tasso

L'arbre sous lequel Le Tasse vint écrire.
Torquato Tasso
A y regarder de près, il y a un sentier entre Sorente et Salerne.
(L'air est si doux qu'on peut dire :
Ceci est un matin naissant,
Ceci est le passé
Et l'amour mérite d'être.)
A quoi jouais-tu enfant ?
Prenais-tu le soleil pour sa métaphore ?
Tu rêvais d'Alep où les femmes sont si fraîches
Qu'on dirait :
Ceci est un verger,
Ceci est la beauté
A la quelle tu n'as pas trouvé de surnom.
Mais Tarquina Molza t'a fait tant souffrir.
C'est écrit dans des lignes lointaines.
Ceux qui te verront par la suite, Ronsard et Montaigne,
Diront la peine gravée sur ton profil
Et Goethe confirmera.

Un jour, à Rome, tu écrivis ton poème
Sous un arbre.
Quelques siècles plus tard, un éclat de cet arbre est sur mon bureau.

7 commentaires:

giulio a dit…

Enfin un beau poème jalelien, joliment méditerranéen, il est vrai, pour un poète dont je ne raffole pas et dont je doute qu'il n'aît jamais franchi à pied le fort dénivelé des 57 Km (à l'époque probabl. une centaine) séparant Sorrente de Salerne. Mais voici quelque vers du Tasse (pièce en 5 actes) de Goethe qui parlent de lui et que j'ai traduit pour toi du Wikipedia allemand: la comtesse de Scandiano, Léonore Sanvitale, dit à la princesse d’Este en parlant du Tasse :

"Son oeil repose à peine sur cette terre ;
Son âme rassemble ce qui est dispersé ;
Son sentiment anime l’inanimé.
Souvent ennoblit-il ce qui nous semble ordinaire
Ce qui est apprécié à ses yeux n’est plus rien
Dans ce cercle magique qui est sien déambule
Cet homme merveilleux et nous attire."

Mais le duc (d’Este) survient et refroidit – prophétique - l’enthousiasme de Léonore :

"Ne craint les hommes que celui qui ne les connaît point,
Et qui les évite, bientôt les méconnaît.
C’est bien son cas, aussi cet esprit libre,
Deviendra, peu à peu, embrouillé et reclus".

Jalel El Gharbi a dit…

@ Giulio : Je te suis très reconnaissant cher ami.
Merci

giulio a dit…

Ton compteur n'est pas 100% OK, cher Jalel. Il marque 0 visiteurs en ligne pendant que j'y suis.

christiane a dit…

J'aime, Jalel, que vous parcouriez le monde en vous souvenant des poètes et autres plumes, ces artistes aussi, qui ont vécu sur les chemins que vous foulez. Le Tasse était multiple, avait amours multiples... De folies de persécutions, de fuite en fuite, il laisse l'itinéraire d'un homme ardent et meurtri autant par ses amours que par son âme inquiète. C'est beau ce bois d'arbre sur votre bureau en mémoire de ce que vous dîtes qu'il fut...

Jalel El Gharbi a dit…

@ Giulio : je vais supprimer ce compteur.
@ Christiane : merci chère Christiane. J'ai mis du temps pour vous répondre parce que mon ordi est hors d'usage (avec tous les problèmes que cela entraine=
Amities

Aquilino a dit…

grande jalel. quando torni dal tasso?

Jalel El Gharbi a dit…

Al più presto, caro amico, spero
Grazie per aver passato