mardi 15 mars 2011

El Hachemi Guerouabi Houz Malta, ou les belles captives

El Hachemi Guerouabi (1938-2006) est un classique de la musique algérienne. Celui qui s’est fait connaître partout au Maghreb grâce à sa chanson « Hier encore j’avais vingt ans » البارح كان في عمري عشرين, est surtout un grand interprète de la chanson arabo-andalouse avec ses deux principaux volets le gharnati et le hawzi, aux accents plus locaux.
Il interprète ici un texte du poète Mohamed Ben Frikhan, texte que l’on trouve dans l’anthologie de la chanson populaire qu’on doit à Cheikh Belkbir. Dans ce poème, il est question des corsaires maghrébins qui écumaient la Méditerranée, et plus précisément du capitaine Najem commandant un imposant trois-mâts rentrant à Alger avec des captives maltaises, aussi belles, dit-il, que des rubis.

15 commentaires:

Mahdia a dit…

Maghrébin de fond en comble, maghrébin de jour et de nuit, maghrébin d'allure et de cellules !
Comment ne pas le sentir en vous, cher poète, après ce bel hommage rendu aujourd'hui à votre autre patrie : l'Algérie ?
Guerouabi est un chantre de la culture algérienne, et lui rendre hommage ici , sur votre blog, honore sa culture et son authenticité, et dit surtout combien vous êtes authentique !

Vous ne seriez jamais allé allègrement vers le partage que vous initiez dans votre belle théorie "L'ORCIDENT" et que vous vivez réellement à chaque instant de votre vie à travers les textes multilingues et multi cultures que vous mettez chaque jour en ligne ici, et dans lesquels vous rejoignent des amis de tous les horizons et de toutes les cultures, si vous n'étiez pas né pleinement,totalement,parfaitement maghrébin!

Je vous remercierai plus à travers cette très belle parole d'Amine Maalouf à laquelle je reviens souvent pour n'imprégner de la grandeur de notre civilisation et dans laquelle je vous retrouve fortement:
"Pour aller résolument vers l'autre, il faut avoir les bras ouverts et la tête haute, et l'on ne peut avoir les bras ouverts que si l'on a la tête haute."
Amitiés

Appels d'air a dit…

Je me demande désormais si les belles captives maltaises ne sont pas pour quelque chose dans les visées colonialistes de nos aîeux.
Vous avez une idée Jalel?
Baltha

Jalel El Gharbi a dit…

@ Je n'ai pas de mots pour vous répondre chere Mahdia. Merci.
@ Balta : La course était comme inscrite dans les relations entre les deux rives qui s'y adonnaient de la même manière. Je ne pense pas que l'entreprise coloniale soit due à la course mais plutôt au besoin de domination économique.
Lorsque l'Europe commence à coloniser, la course n'exisait plus.
Amicalement

Appels d'air a dit…

>Jalel,
Seule compte la première intention,
Baltha

christiane a dit…

Dans les trois-mâts de nos rêves, Jalel, qui tenons-nous captifs ? Quels désirs venus dont ne sait où qui ne sont que vents sur les mers du monde. Nous savons, rentrant au port, que la nostalgie du voyage, l'attente, la fantasmagorie de notre imaginaire s'effritera comme rose de sable...
Bien belle amitié pour vous et vos amis. Vous avez ici un oiseau-lyre : Mahdia ...

Jalel El Gharbi a dit…

Christiane, Nous tenons l'instant où nous croyons tenir le monde.

christiane a dit…

Tenir le monde... Je pense à Chaplin dans le dictateur jouant avec le monde devenu léger comme une bulle...
Tenir l'instant ? Quel paradoxe...
Peut-être l'écriture...
Peut-être la poésie...
L'instant ? sable ou eau entre les doigts.
Je pense aussi à Saint Augustin, sur le balcon, à Ostie. Cette extase qui efface toute durée comme "habiter au coeur de l'éclair" comme René char l'a gravé de sa plume sur l'or du temps.
Jalel, vous n'êtes jamais où l'on croit vous trouver. Ailleurs, tellement libre dans votre âme, avec vos mots qui mettent au monde un fugitif bonheur qui sèche sur les lèvres sous un vent de sable, laissant un goût de sel et de soif...

giulio a dit…

Vous allez sans doute bien rigoler, les amis, mais moi, ça me rappelle "Indomptable Angélique", le 2e de la série, ainsi que la superbe Michèle Mercier. Marrant:

on peut avoir l'âge où d'aucuns ont un pied dans la tombe, et il faut pourtant si peu de chose pour réveiller le grand gosse qui sommeille au fond de l'homme.

giulio a dit…

Vous allez sans doute bien rigoler, les amis, mais moi, ça me rappelle "Indomptable Angélique", le 2e de la série, ainsi que la superbe Michèle Mercier. Marrant:

on peut avoir l'âge où d'aucuns ont un pied dans la tombe, et il faut pourtant si peu de chose pour réveiller le grand gosse qui sommeille au fond de l'homme.

christiane a dit…

Et voius , en Geoffrey de Peyrac, Giulio ? Ce qui est amusant c'est que ce roman est écrit par une double plume : Anne et Serge Golon...

giulio a dit…

Ah, le charme discret des coquilles françaises, chère Christiane, qui, en me disant vous, faites de moi presque un voyou!

Et voilà que ça m'inspire un petit paraphrasage iconoclaste mallarméen :

La chair est lasse, hélas! et j’ai fui bien des livres.
Fuir! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux!
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
O nuits! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la belle femme qui allaita mes enfants.
Je partirai! Mémoire, oh mon ultime pâture,
Lève l'ancre pour la toute dernière aventure!

christiane a dit…

Giulio, vous épluchez les mots comme on le fait d'une amande....

giulio a dit…

Dans l'espoir d'en arriver au vin, chère Christiane... Comme vous le savez, je suis à bonne école, et comme il n'est jamais trop tard pour apprendre, en attendant de le prendre, ce dernier train, autant jouir au passage des côteaux plantés d'amandiers et de vignes.

christiane a dit…

Giulio, vous êtes un drôle de voyageur, tantôt philosophe, tantôt poète, tantôt défenseur de l'homme bafoué.
Espiègle ou grave, proche ou lointain, jouisseur ou ascète.
Souvent je m'interroge sur ce mystère de votre être profond.
Vous rencontrer chez Jalel est une évidence. Il n'y a pas de hasard...

giulio a dit…

Ce mystère, dont vous parlez, Christiane, fait partie de nous-mêmes, de nous tous. Je pense, cependant, que même l'homme le plus secret cèle moins de mistères que la femme la plus expansive.