lundi 6 juin 2011

Ibn Arabi

محي الدين بن عربي
لقد كنت قبل اليوم أنكر صاحبي
إذا لم يكن ديني إلى دينه داني
لقد صار قلبي قابلاً كلّ َ صورة ٍ
فمرعى لغزلان ٍ ، ودير ٍ لرهبان ِ
وبيت ٍ لأوثان ٍ وكعبة طائف ٍ
وألواح توراة ٍ ومصحف قرآن ِ
أدين بدين الحب أنى توجهت ْ
ركائبه ، فالحب ديني وايماني"

Moheïddine Ibn ’Arabî (1164 Murcie-1240 Damas )
Auparavant je pouvais renier un ami
Si ma foi ne se rapprochait pas de la sienne
Maintenant mon cœur accueille toute figure
Il est désormais prairie pour les gazelles, couvent pour les ermites
Bétyle pour les idoles, Kaaba pour le pèlerin,
Planches de la Torah et un Coran
L’amour est ma croyance où que s’orientent
Ses convois ; l’amour est ma religion et ma foi.

Traduction de Jalel El Gharbi

15 commentaires:

Mahdia a dit…

Chant à toute épreuve, tiré du fond de l'âme pour contrer tous les malentendus.
Les anciens ne nous guident -ils pas jusqu'à présent dans nos manœuvres de la vie les plus banales?
Il paraît que les soufis sont les hommes les plus terriens qui existent sur terre !
Un texte limpide comme l'eau de roche. Le boire décongestionne l'esprit le plus pollué !

christiane a dit…

Peut-être faut-il toute une vie pour rencontrer en l'autre la différence et l'honorer de confiance et d'amitié. A ce seuil, le coeur cède et se libère de sa peur d'être dépouillé et perdu, loin de ses certitudes. Vieillir c'est entrer enfin dans cet entre-deux du risque de l'écoute vraie, à découvert...
Madhia et son chant de source claire...

Michèle a dit…

"Maintenant mon cœur accueille toute figure"

Chaque fois que je lis l'une de vos traductions, je me réjouis de la force et de la concision par laquelle vous nous donnez le meilleur.

Que ne sommes-nous, tous, multilingues...

Mahdia a dit…

@Christiane
c'est extraordinaire comme on a besoin de la confiance de l'autre pour se parfaire, pour monter vers cette joie bienveillante dans laquelle il nous suggère et tenter de la réaliser pour l'en couvrir !

Christiane, votre mot me touche profondément comme on vient à être touché(e)par la naissance d'un être, par la création d'un poème, par le lever du jour, par l'éclosion d'une rose, par le gazouillement de l'oiseau, par l'ouverture d'une main qui vient se tendre fidèlement, amicalement à nous, et par tant d'autres choses qui égaient nos jours malgré tous les manques que la tombée du jour vient nous rappeler.
Votre mot me touche car il coule limpide de cette même roche que je touche dans le mot d'Ibn Arabi et dans celui de Jalel El Gharbi !
Merci pleinement à vous !

Mahdia a dit…

C'est extraordinaire... ( majuscule bien sûr)
Comme il est déplaisant de commencer par la minuscule quand on donne la parole à son cœur!

christiane a dit…

Oui, Madhia,
il y a chez vous cet accueil infini et modeste à l'écriture de Jalel El Gharbi et aux poètes qu'il invite dans son jardin. J'entends, il est vrai, un bruit de fontaine, tranquille et doux. Une présence attentive et chaleureuse. Il y a ceux qui écrivent et ceux qui lisent. Une lectrice au bruit de ruisseau, de fontaine qui devient à son tour bouche de mots qui fait écriture.
Je passe, j'ouvre la porte et j'écoute Jalel et ses amis. C'est une halte extraordinaire qui colore le soleil de mille lunes bleues, de ces mers aux noms extravagants comme celle de la tranquillité, j'en ajouterais bien une, celle de l'intranquillité ! Puis je remets les mots dans le baluchon et je reprends la route car là est le sens, continuer encore et encore jusqu'au bout des pas, là où guette l'aurore...

giulio a dit…

Limpide, chère Mahdia, c'est le mot. Ibn ’Arabî me semble être l'un de ces génies de la concision qui savent dire en peu de mots ce qui chez d'autres requiert des volumes.

Et comment choisir, chère Christiane, entre la tranquillité vers laquelle tend le sage et l'intranquillité de l'amoureux de la vie ?

christiane a dit…

On ne peut choisir Giulio pas plus qu'entre nos deux yeux, nos deux mains, le soleil et l'ombre....

Mokhtar EL Amraoui a dit…

Très belle leçon que ce passage de l'intolérance à la tolérance, à cette acceptation amoureuse de l'autre.Cette formidable et fulgurante disposition ontique devrait être gravée en lettres d'or partout dans le monde pour le sauver de tous les vautours enragés et sanguinaires de toutes les formes d'intolérance et d'exclusion.
Quel monument de clarté et de profondeur que ce poème!

giulio a dit…

@ Mokhtar : Et ces paroles d'Ibn 'Arabi sont d'autant plus en avance sur sur son temps, que la plupart des humanistes progressistes du 21ème siècle en sont encore à essayer de se tolérer, de se supporter donc, ce qui n'est, au vu des "performances" humanistes du 20e siècle, déjà pas si mal. Quant à aimer ce qui sont différents ou qui vivent et pensent autrement...
Soeur Anne, Soeur Anne, ne voix-tu rien venir ?

Mokhtar EL Amraoui a dit…

@Giulio
Donnons-lui, tout de même,le télescope Hubble et quelques années-lumière à la soeur Anne.Ainsi pourrait-elle mieux voir ( sic).
Néanmoins, comme l'a dit Gramsci, "Ma
raison est pessimiste mais ma volonté est optimiste!"

Monique C. a dit…

Oui...........

Meriem a dit…

Merci.

Anonyme a dit…

Un hymne à l'amour et au respect de toutes altérités, Ibn Arabi reste le précurseur d'une longue tradition humaniste et intellectuelle, et l'acharnement des obscurantistes sur sa personne et sa pensée n'est qu'une preuve de la dimension de ses idées.

Rayan a dit…

La modération est une crainte de tomber dans l'envie et dans le mépris que méritent ceux qui s'enivrent de leur bonheur ; c'est une vaine ostentation de la force de notre esprit ; et enfin la modération des hommes dans leur plus haute élévation est un désir d'AIMER... et Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction."