vendredi 8 février 2013

Enterrement et naissance وفـــاة و مــيلاد

Tunis. Mort d'un homme et naissance d'un symbole  : Chokri Belaïd.
تــونس : وفـــاة رجـــل و مــيلاد رمــز

9 commentaires:

Mokhtar El Amraoui a dit…

C'est toujours l'équation du phénix qui est à l'oeuvre! Aujourd'hui-même, jour de son inhumation, Chokri Belaïd renaît en milliers de Chokri Belaïd et l'implacable multiplication lumineuse ne cessera d'avancer, de progresser pour noyer de ses tonnantes pulsations la nuit des bourreaux qui n'ont encore absolument rien compris aux leçons de l'Histoire!

Djawhar a dit…

Quand meurt le révolutionnaire et ressuscite en sa personne, devenue maintenant emblème de la révolte pacifique, la Révolution.

giulio a dit…

Hommage
A Chokri Belaid

La voix et les voix innombrables
de la révolte et de l’amour
qui restituent la vertu du cri humain
et le chant bleu de la terre la tunisienne qui saigne

un nouveau soleil fraternel
Chokri Belaid
le témoin inconsolable de la lumière
le vivant qui marche avec nous

et la lumière se multiplie
suffisante au calcul de la vie
comme seul mérite à Tunis

Ahmed ben Dhiab
le 8-02-2013

christiane a dit…

Prière du vieux maître soufi le lendemain de la fête -Jalel El Gharbi (éd. du Cygne)
"Un voyage commence toujours
A l'instant où l'on voit des ruines
Où poussent les fleurs champêtres et des frises
Où on lit des phrases dans une langue apprise
A la grande cour de l'école
Me disais-je avant de naître

Avant de naître je me disais
Que l'amour habille l'autre de fleurs
De baisers et de métaphores

Je pensais que la prière était
Une gerbe de questions
Qui fait aimer la jeunesse
Et donne une autre vie
Une des réponses possibles
A l'amour des roses
Du beau et de l'amour

Avant de naître je prenais le monde
pour une grande cour d'école."

Halagu a dit…

Il se disait grand admirateur de Trotsky. Comme ce dernier, il avait le sens tragique de l'Histoire et croyait fermement qu'on peut modifier le destin du peuple en modifiant, depuis la base, le régime social du pays. Mais les deux hommes divergeaient sur les méthodes.
Trotsky écrivait: ''on me dit : Et bien, et qu'adviendra-t-il de vous même ? J' entends cette question dans laquelle la curiosité n'est pas exempte d'ironie...Je ne mesure pas le processus historique avec le mètre de mon sort personnel. Au contraire j'apprécie mon sort personnel en liaison indissoluble avec la marche de l'évolution sociale''. On croit entendre Chokri Belaïd. Ironie de l'Histoire, les deux hommes ont connu la même fin tragique... Les circonstances d'actualité vont démontrer, une fois de plus, leur entêtement et leur connivence troublante. Elles vont permettre au Président tunisien de faire un discours historique, discours qui fut un moment magnifique d’humanité et qui a bouleversé les parlementaires européens réunis à Strasbourg. Ce discours a été préparé avant l'assassinat de Chokri Belaïd. Quelques instants avant de le prononcer, le Président Marzouki apprit la fin tragique de celui-ci, et il rajouta un paragraphe pour lui rendre hommage et condamner les assassins... Décidément tout se bouscule et tout s’accélère ces derniers jours. Par sa teneur, ses idées et son langage, j’eus l'impression que ce discours était entièrement dédié à la mémoire de Chokri , un bel hommage à ces idées et à son humanisme, et enfin un message d'outre-tombe de celui qui nous quitte aujourd'hui.
Voici le lien pour l'écouter :
http://www.dailymotion.com/video/xxbqzw_moncef-marzouki-au-parlement-europeen-de-strasbourg_news#.URUNX2e0N8E

Hervé Suchet a dit…

LU aujourd'hui sur une page facebook amie :
"Tunisie : Une jeune Tunisienne affronte courageusement une bande d'islamistes, venus l'obliger à se voiler : Elle monte sur la voiture et leur répond : « Ici c'est la Tunisie, un pays de plus de 3000 ans d'histoire! Vous, vous n’êtes que des intrus, des parvenus de l’histoire, les descendants du sanguinaire Okba Ibn Nafu .. Jamais la Tunisie ne sera l'Afghanistan » .
La révolution continue..."
H./S.

giulio a dit…

@ Halagu : d'accord avec ton intéressante synopsis entre ces deux grands hommes. Mais pour ce qui est du discours de Marzouki, il était très beau, cependant, si son ramage reflétait dans les faits son courage, il se ferait moins le complice de Nahdha.

@ Hervé : plus de 14000 partages sur F.B. Bravo pour cette digne héritière de la Kahena et... de Chokri Belaid !

Djawhar a dit…

Ne mélangeons pas tout et ne prenons pas la parole des méconnaisseurs de l’histoire pour de la vérité. Je suis berbère, progressiste dans le sens propre du terme et j’honore le nom et la place de Okba Ibn Nafaa dans ma religion et dans mon cœur.
Okba Ibn Naffa n’est pas à comparer avec ces mécréants. C’est un Sahabi (Compagnon du prophète) qui est venu répandre l’Islam en Afrique du Nord, et c’est avec des hommes comme lui que l’Islam compte aujourd’hui un peu plus d’un milliard de fidèles.

Soyons logiques, on ne peut pas se dire contre la destruction des mausolées de saints en Tunisie et insulter Okba Ibn Nafaâ !

En Algérie où il est enterré, ce personnage donne son nom à une ville "Sidi Okba" où sont élevés sa mosquée et son mausolée. La mosquée, construite en 686, fait partie des plus anciennes mosquées du Maghreb et devint au fil du temps un centre de rayonnement culturel qui forma de brillants savants du monde musulman. Elle fut agrandie en 1025 par le souverain ziride (berbère sanhajien) Al-Mu‘izz ibn Bâdîs.

En Tunisie la mosquée Okba Ibn Nafaâ constitue l’une des sources de la gloire et de la célébrité de la ville de Kairouan. Ce monument majestueux est distingué aussi bien par ses qualités architecturales qu’historiques et a pris la dimension d’un vrai phénomène grâce à son rayonnement scientifique et civilisationnel. On a vu exceller en son sein une élite d’ hommes de lettres, philosophes, juristes, théologiens, médecins dont notamment l’homme de lettres et critique Ibn Rachiq, le célèbre médecin Ibn Al-Jazzar, et le réformateur Cheikh Mohamed Ennakhli qui fut Professeur à l'Université Zitouna mais aussi exégète, jurisconsulte, historien, écrivain et poète, et est surtout célèbre pour ses idées libérales.

giulio a dit…

Tu n'as pas tort, chère Djawhar, mais il faut pas oublier que tous les conquérants - même les plus réputés nobles, sages ou saints - ont marché dans des mers de sang. Charlemagne, que d'aucuns voulurent sanctifier a été aussi génocidiaire avec les Saxons et le Frisons que Saint Louis avec les Cathares de Provence et les Égyptiens (ces derniers le lui rendirent bien). Et il y en eut bien d'autres, notamment en Amérique centrale et du sud, au nom de la religion catholique. Et il ne ressort pas de l'histoire que les musulmans aient été beaucoup plus tendres. Quoi d'étonnant dès lors que de nos jours une jeunesse en perte de repères retrouve dans la religion ces éléments radicaux, extrêmes, violents, conquérants et mortifères qui furent l'apanage de son passé et identifient son discours d'amour et d'humanité à un lénifiant pour les faibles ?