dimanche 12 avril 2015

A une jeune fille

A une jeune fille
Monet Les Nymphéas
Je me souviens...


Amants des nuits solitaires
Nous étions aussi pauvres qu’abeilles au petit matin
Et rongés par nos désirs, nous faisions voler nos cerfs
Nous rêvions des étrangères, jamais des femmes
Au-dessus de la mer, il y avait toujours un pont
Nous n'avions rien hormis l'élégante écriture
Hormis des romans et des poèmes en toutes langues 
Personne ne voyait nos hardes. 
Je me souviens...
Un jour, tous les garçons ont pleuré 
De voir saigner l'amie qui aimait les Maths. 
Nul ne songeait
A nous reprocher nos misères car nous imitions si bien les accents
De New-York et de Paris et nous savions par coeur
Les noms des rues où passait Raskolnikof et nous lui savions 
Gré de ne pas s'être suicidé. 

2 commentaires:

giulio a dit…

Que de nostalgie de l'ailleurs dans tes merveilleux poèmes, cher Jalel !

Jalel El Gharbi a dit…

Merci infiniment, cher Giulio.