Il y a un siècle, Paul Klee (1879- 1940) avait la "révélation de la couleur" aux portes de Kairouan :
Lors de son voyage en 1914, Klee était accompagné d'August Macke (1887-1914) :
Et du peintre suisse Louis Moilliet 1880-1962 :
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dimanche 2 février 2014
mardi 28 janvier 2014
Colloque à La Manouba
Université de Manouba
Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités
Unité de recherche « Littérature médiévale, moderne et contemporaine
et didactique du français »
Colloque «Histoire individuelle et
Histoire collective dans l’œuvre littéraire »
Vendredi 7 février 2014
9h00 : Ouverture du colloque
Allocutions
Première séance : Du lexique à la
Tunisie
9h15 : Farah Zaiem-Ben Nejma (Université de
Manouba) : « Histoire et création
lexicale ».
9h45 : Samir
Marzouki (Université de Manouba) : « L’inscription de l’Histoire dans
Le Pharaon d’Albert Memmi et De A jusqu’à T d’Anouar Attia »
10h15 : Afifa Marzouki
(Université de Manouba) : « La fiction dans les coulisses de
l’Histoire : Voici l’homme de Rafik Ben Salah »
10h45 : Pause
Deuxième séance :
Littérature médiévale et littérature de la Renaissance
11h00 : Hager Lahmar (PES et
doctorante, Université de Manouba) : "L'Histoire entre conte et destinée
dans les chansons de toile"
11h30 : Jouda
Sellami (Université de Manouba) : « L'écriture de l'Histoire dans la Vie
de Saint Louis de Joinville »
12h00 : Ahlem
Ghayaza (Université de Manouba) : « L'Heptaméron de Marguerite
de Navarre : les histoires individuelles au service de L'Histoire »
12h30 :
Discussion
Troisième séance : Littérature
moderne et contemporaine : Poésie et chanson
14h00 : Olfa
Mzali (Université de Tunis) : « Enfance » de Jacques Prévert, ou
la poésie à l’épreuve de l’Histoire ».
14h30 : Farah
Ben Jemaa (Université de Tunis) : « La « réalité
pressentie » de la guerre dans Dehors la nuit est gouvernée et Placard
pour un chemin des écoliers de René Char »
15h00 : Sarra Khaled (Université de Carthage) : « Algérie,
Algérie française !" : Histoire de l'Algérie française dans la chanson
française : colonisation, décolonisation et "nostalgerie" . 15h30 :
Pause
Quatrième séance : Littérature
moderne et contemporaine : Roman, conte, autobiographie, journal intime,
récit de voyage, fiction critique
16h15 : Moufida Aliou (PES et
doctorante, Université de Manouba) : « L’historicité des Contes de
Voltaire »
16h45 : Malek Khbou (Université de
Gabès) : « L’écriture
diariste entre l’Histoire collective et l’histoire personnelle : le cas
du Cahier Vert de Maurice de Guérin"
17h15 : Sofien
Chanoufi (Université de Sousse) : « L'Individu
face à la guerre dans Le Sang noir, Les Batailles perdues et Le Jeu
de patience de Louis Guilloux »
17h45 : Discussion
Samedi 8 février 2013
Suite de la quatrième
séance : Littérature moderne et
contemporaine : Roman, conte, autobiographie, journal intime, récit de
voyage, fiction critique
9h00 : Saïda Arfaoui (Université
de Gafsa) : "Histoire individuelle et Histoire collective dans les
fictions critiques de P. Quignard, P. Michon et G. Macé"
9h30 :
Emna Menif (doctorante, Université de Manouba): « Entre histoire individuelle
et Histoire collective dans l’œuvre de Jacques Lacarrière : Un jardin
pour mémoire et l’Eté grec pour exemples ».
Cinquième séance : Littérature
moderne et contemporaine : Anticipation, rétroaction, imagination
10h00 : Senda Najjar (Université de
Kairouan) : "L'homme et le préhistorique dans les romans de
Rosny-Aîné"
10h30 :
Pause
10h45 : Mohamed
Anis Abrougui (Université de Gafsa) : "Napoléon et la conquête du
monde de Louis-Napoléon Geoffroy-Château : quand la réécriture d'une
histoire individuelle aboutit à la réécriture de l'Histoire mondiale"
11h15 : Malek
Garci (Université de Monastir) : « Pierre
Benoît, écrivain visionnaire dans Le Puits de Jacob (1925) »
11h45 : Emna
Belhaj Yahia (Université de Jendouba) : « L'Histoire des races comme
réinvention de soi: le cas d'Arthur de Gobineau ».
12h15 : Discussion
et clôture
lundi 27 janvier 2014
l'après constitution, deux mots sur le vif !
Une pensée émue pour celles et ceux qui, par leur sacrifice, ont permis l'avènement de cette constitution, une pensée émue pour nos martyrs de l'armée, de la garde nationale et de la police.
Une pensée pour les enfants des martyrs, pour ceux de Chokri Belaïd et ceux de Mohamed Brahmi.
Une pensée pour les Tunisiennes et en particulier pour Maître Besma Khalfaoui et pour Madame Mabrouka Brahmi.
Une pensée pour les blessés de la révolution.
Une pensée pour tous les démocrates du monde qui nous ont soutenus.
Puisse cette constitution être un prélude vers le progrès, vers le bien-être social, vers cette société du savoir qui a toujours été notre ambition, vers la prospérité et l'amitié avec tous les peuples.
Une pensée pour les enfants des martyrs, pour ceux de Chokri Belaïd et ceux de Mohamed Brahmi.
Une pensée pour les Tunisiennes et en particulier pour Maître Besma Khalfaoui et pour Madame Mabrouka Brahmi.
Une pensée pour les blessés de la révolution.
Une pensée pour tous les démocrates du monde qui nous ont soutenus.
Puisse cette constitution être un prélude vers le progrès, vers le bien-être social, vers cette société du savoir qui a toujours été notre ambition, vers la prospérité et l'amitié avec tous les peuples.
vendredi 10 janvier 2014
De la biologie à la philosophie. Parcours d’un naturaliste Georges Chapouthier
La revue L’Archicube
publiée par l’association des anciens élèves et amis de l’Ecole Normale
supérieure de Paris 2013, n° 15, vient de faire paraître cet entretien avec
notre ami Georges Chapoutier, plus connu dans les milieux poétiques sous le nom
de Georges Friedenkraft, à l'occasion de la parution de son livre "Le Chercheur et la souris".
Georges Chapouthier,
naturaliste de la promotion 1964 sciences, devenu philosophe, vient de faire
paraître, chez CNRS-Editions, sous le titre « Le chercheur et la souris »,
un livre écrit avec Françoise Tristani-Potteaux. Il a demandé à cette
sociologue, spécialiste de la communication scientifique, de porter un regard
neuf et distancié sur les grandes étapes de sa carrière. Il y mentionne
brièvement son séjour à l’Ecole et parle ensuite des conflits intimes que
rencontre un biologiste entre son métier et son amour pour les animaux. L’Archicube
l’a interrogé pour en savoir davantage sur son parcours et sur ses années d’Ecole.
L’Archicube : Georges Chapouthier, vous êtes entré à l’Ecole en 1964 comme
biologiste, « natu », comme on
disait l’époque. On vous retrouve aujourd’hui directeur de recherche émérite au
CNRS et docteur ès-lettres en philosophie. Expliquez nous ce parcours étrange.
GC : Je suis issu d’une famille littéraire très
classique. Mon père, Fernand Chapouthier, était professeur de grec ancien à la
Sorbonne, archéologue en Crète, où deux rues portent son nom, et directeur adjoint de l’Ecole. Ma mère, qui
avait été sont étudiante, était professeur de lettres dans le secondaire. Tout
me prédestinait donc aux études littéraires et je connaissais les noms des
dieux de la Grèce avant même de savoir lire. Mais plusieurs évènements
m’éloignèrent de ce parcours : la mort brutale de mon père quand j’avais
huit ans, une aversion profonde pour le latin (alors que j’adorais le grec) et,
par-dessus tout, un amour de toujours pour les animaux. De cet amour des
animaux, je passai assez vite, sous l’influence de mon milieu universitaire, à
une passion pour les sciences naturelles, qui devait me conduire, après des
classes préparatoires au Lycée Saint-Louis, à entrer à l’Ecole dans la section
de biologie, illustrée déjà du prestige de Jean-Pierre Changeux, puis
finalement au CNRS en neurobiologie, où j’ai fait toute ma carrière. Mais, quelques
années après mon entrée au CNRS, mes goûts littéraires se firent sentir, et j’entamai
les études littéraires les plus compatibles avec mon activité de chercheur en biologie :
des études de philosophie du vivant. Je fis mes débuts sous la direction de Louis
Bourgey, un spécialiste d’Aristote, et terminai plus tard ma thèse sous la direction
de François Dagognet, le célèbre élève de Canguilhem.
Geoerges Chapoutier
L’Archicube :
Vous avez donc séjourné à l’Ecole durant votre petite enfance, au cours des années
cinquante. Quels souvenirs en gardez-vous ?
GC : Des souvenirs un peu idéalisés, bien sûr.
Un appartement gigantesque comme on n’en trouve plus guère à Paris aujourd’hui.
D’innombrables jeux dans la cour aux Ernests ou dans les terrains vagues qui ont
été remplacés depuis par l’aile de la « cantine »,
avec ma petite soeur et en compagnie de la fille du sous-directeur de l’époque,
Prigent, ou des enfants de l’infirmier, Leblond. Les bals de l’Ecole où le vieil
immeuble s’habillait d’une décoration colorée et où tout s’animait jusque tard
dans la nuit. Les bals étaient destinés aux jeunes adultes, mais l’intendant de
l’époque (le « pôt »), Letellier, soucieux des quelques enfants du personnel,
dont j’étais, nous proposait une « pêche à la ligne » consistant à attraper,
à l’aide d’un bâton muni d’un crochet, des cadeaux attachés par une ficelle et
étalés sur la pelouse. Une revue de fin d’année, dont le thème tournait autour
d’une célèbre lingère de l’époque, « La môme blanc de blanc », et où celui
qui serait, des années plus tard, le président de mon jury de thèse de philo, Bernard
Bourgeois, faisait le clown en mimant Prigent, déguisé en costume breton. Un
séjour avec mon père à la bibliothèque, où j’avais été émerveillé par les
petits escaliers qui montaient vers les étages de livres aux planchers
translucides et qui existent toujours. Enfin, plus tragiquement, la cérémonie d’enterrement
de mon père dans la salle Dussane, où quatre de ses élèves se tenaient debout
autour de son cercueil, comme des flambeaux vivants…
Geoerges Chapoutier enfant, avec son père
L’Archicube :
Une dizaine d’années plus tard, vous revenez comme élève. Les
choses avaient- elles
changé ?
GC : L’Ecole avait beaucoup changé, mais surtout,
moi-même, j’avais beaucoup changé ! J’ai eu du mal à retrouver l’ambiance
de mon enfance et les souvenirs de l’élève ont vite chassé ceux du bambin. Mon
mode de vie était tout autre. J’étais maintenant un adulte indépendant de ma
famille. Je logeais à l’Ecole, à deux en première année (mon cothurne était le futur
biologiste de l’Institut Pasteur, François Rougeon), seul à partir de la seconde année. Je recevais un
salaire tout à fait honorable tout en étant pris en charge pour le logement et
les repas. Une vie idéale. A cette époque, la Rue d'Ulm était
une Ecole exclusivement masculine. Mais les rapports
étaient étroits avec l'Ecole de filles, située boulevard Jourdan, et
pas seulement sur le plan professionnel ! L’école était aussi le lieu de manifestations
culturelles ininterrompues et d’une richesse que ne j’ai jamais retrouvée depuis :
conférences de visiteurs éminents, spectacles de concerts, de cinéma ou de théâtre
(un groupe théâtral remarquable, « L’aquarium », du nom du hall
d’entrée de l’Ecole, était impulsé par Jacques Nichet), activités politiques ou
syndicales (beaucoup d’entre nous étaient influencés par Althusser et se préparaient
déjà les évènements de Mai 68)… Le bal de l’Ecole, organisé par les élèves, était
aussi un évènement important. Je fus du comité d’organisation en 1965 et
1966 et participai donc aux travaux de décoration des salles de danse et à
l’organisation générale. En 1965, le bal fut bénéficiaire et les organisateurs
s’offrirent un repas à la « La tour d’argent » : étudiant trop studieux,
je n’y participai pas, car j’avais, ce jour-là, une séance de travaux pratiques !
Comme je regrette aujourd’hui d’avoir privilégié une telle séance à cet évènement
irremplaçable ! Tous les ans avait lieu un voyage d’été. En 1965, ce fut
la Chine, avec qui la France venait juste de renouer sur le plan diplomatique.
Un voyage inoubliable et la découverte, à vingt ans, d’une autre culture. En ce
qui me concerne, et sur un plan plus privé, je fus aussi très sensible au charme
des femmes asiatiques et ceci explique peut-être mon mariage, quelques années plus
tard, avec une Chinoise de Malaisie, avec qui j’ai partagé le reste de ma vie !
L'Archicube: Vous êtes entré comme
"naturaliste" à l'Ecole. Pouvez-vous nous parler de ce statut
particulier parmi les scientifiques ?
GC : Nous suivions les enseignements à l'Université
comme tous les autres élèves. A l'époque ce qui devait devenir
"Jussieu" s'appelait encore la "Halle aux vins".
Existaient seulement les deux bâtiments du quai Saint-Bernard et on
voyait encore des tonneaux de vin à proximité des amphis. Les
"natus" avaient ceci de particulier qu'ils vivaient davantage en
groupe. Nous disposions d'ailleurs d’une petite salle dans les labos de la
Rue Lhomond, où nous nous réunissions souvent. Les fenêtres de cette salle
donnaient sur la maison-mère des Pères du Saint-Esprit et c'était un jeu cruel
de leur passer, au milieu de la nuit, "minuit chrétien", en pleine
puissance des haut-parleurs, et de voir leurs fenêtres s'éclairer les unes
après les autres. Une autre activité propre aux
"natus" était le "pôt de la nature", une réception
organisée tous les ans, avec l'aide des laboratoires de sciences
naturelles, pour rassembler les "natus" de toutes les
promotions. C'était une réunion très conviviale et agréable, où anciens et
jeunes faisaient connaissance. Il y avait aussi les promenades botaniques
ou géologiques : en fin d'année, après les examens, les labos
nous envoyaient plusieurs jours, en compagnie de
nos "caïmans", à la découverte de la flore ou des
roches d'une région. Pour moi, ce fut la région pyrénéenne. Une autre
particularité des "natus" et des physiciens de l'époque,
c'était l'"anti-agrégation". Après avoir demandé l'autorisation
à la direction de l'Ecole, nous obtenions, en dérogation à notre statut, la
permission de ne pas passer l'agreg. C'est ainsi que, pour ma part, je partis
passer mes deux dernières années d'Ecole à faire de la recherche à
Strasbourg, pour préparer ce qui s'appelait à l'époque un doctorat de troisième
cycle, au lieu de préparer l'agrégation de sciences naturelles. Il est vrai
qu'à cette époque, on entrait relativement aisément au CNRS,
ce qui permettait une telle attitude.
L'Archicube: Dans le livre « Le chercheur et la
souris », vous parlez beaucoup à votre
interlocutrice Françoise
Tristani-Potteaux, des désarrois du chercheur qui n’arrive pas à
concilier son goût pour la recherche en biologie et sa sympathie pour les animaux. Ces désarrois étaient-ils déjà
présents lors de vos années d’Ecole ?
GC : Oui et non. Ils n’étaient pas clairement présents, sinon j’aurais peut-être tout de
suite entamé mes études de philosophie. Mais le pressentiment était déjà là en
filigrane. Nous avions récupéré, devant l’Ecole, un chat qui avait été
empoisonné et l’avions conduit chez un vétérinaire. La décision collective,
prise avec le vétérinaire, et pour laquelle je votai, fut finalement de le
sacrifier. Après coup, je regrettai beaucoup ce vote et me demande toujours au
nom de quoi j’ai condamné ce chat qui ne demandait qu’à vivre. L’ambigüité de
ma position ne m’apparaissait cependant pas clairement et je
me réfugiais dans un alibi classique : il était plus important de s’occuper
des espèces et des populations animales que des individus isolés. Ainsi, écolo
avant l’heure, j’animai, au sein de
l’Ecole, un « Groupe vert » de protection de la nature, qui d’ailleurs
cadrait bien avec mes études de biologie. Mon ancien professeur d’histoire au lycée
Louis-Le-Grand, Roger Joxe, qui dirigeait alors le Bulletin de la Société des Amis de l'Ecole Normale Supérieure (c’est-à-dire
l’ancêtre de L’Archicube !), me
permit même de présenter ce groupe dans ses colonnes et ce fut une de mes premières
publications, modeste certes, mais dont je
fus, à l’époque, très fier ! Quant au conflit central de ma vie, qui est
le thème du livre, entre les impératifs de la recherche scientifique et l’amour
des animaux, il ne devait se révéler que plus tard, quand j’eus l’occasion de
pratiquer concrètement la recherche scientifique. D’ailleurs le dialogue
avec ma co-auteure m’a permis de mieux mettre en relief ces profondes
ambigüités existentielles : le fait de travailler à deux m'a fait mieux
comprendre les ressorts de certains épisodes de ma vie.
L'Archicube: Quelles ont été les
conséquences de votre passage par l’Ecole sur votre vie ultérieure ?
GC : Elles sont importantes et innombrables. Ce passage a conditionné toute ma carrière au
CNRS, donc toute ma vie scientifique de neurobiologiste. D’une certaine manière
aussi, parce que l’Ecole est à la fois littéraire et scientifique, par les contacts
avec mes camarades philosophes comme Claude Debru, j’ai développé un intérêt
pour la philosophie, qui a été mon second métier. Et puis le grand intérêt
d’une Ecole est nouer des relations dans son
domaine professionnel : de nombreux camarades de cette époque ont accompagné
mon parcours et ont même collaboré ultérieurement à des travaux scientifiques
avec moi : Michel Hamon, André
Langaney, Jean-Marc Jallon, Patrick Blandin, Antoine Danchin... et je ne
peux tous les citer.
L'Archicube: Finalement quel est votre meilleur souvenir
de l’Ecole ?
GC : A
cette époque, c’était l’habitude de se promener sur les toits. Je crois que
cette activité, d’ailleurs très dangereuse, n’est plus possible aujourd’hui. Mais
je dois dire que le passage à proximité des frondaisons des acacias en fleurs
au printemps reste, sur le plan olfactif et hédonique, un de mes meilleurs souvenirs.
jeudi 2 janvier 2014
Tarek Al Karmy Poète palestinien, traduction du poète Tahar Bekri
Tarek AL
KARMY ( Palestine)
Poème
rimé de l’esseulé de l’année
Murmure
restera Dieu sur la lèvre d’un enfant et
Dans les
yeux de l’aveugle il y a un tonnerre qui se boit une lumière qui tombe…
Comme ce
monde est étroit comme la fourmilière est vaste
Je marcherai
contre les arbres jusqu’à notre origine dans les cieux
Cette nuit
je dirai à ma femme : ôte-toi je resterai mon orphelin
Qui a
poignardé le taureau volant (mon dieu) tenant une lance fatale afin de planter
ses cornes dans ma chair et sur mon cœur il a circoncis un baiser de sabot
Qui a mûri
mon cœur afin de le cueillir de la branche du tonnerre et qui a nommé la pomme
dans l’assiette tranquille peur
Cette nuit
j’entre comme les enfants de Dieu dans la nouvelle année
Ma peau sont
mes haillons et
Ma bouche
une blessure nucléaire et
Mon chant
hémorragie
Cette nuit
il y aura celui qui retiendra les souffles comme une tempête
Il y a celui
qui jette la vie pour la plier comme un livre de poussière sur
L’étagère
© Traduction
Tahar Bekri
mercredi 1 janvier 2014
La liberté de la presse au péril de la vie.
Jamais la presse n’a été aussi libre et les journalistes aussi enchaînés. Ce paradoxe vient de ce que, en ces temps tumultueux, la chose et sa négation coexistent. Libres, les journalistes tunisiens le sont. La sphère de l’interdit a rétréci comme une peau de chagrin. Les tabous politiques sont tombés. Sur chaque plateau de TV dans ces talk-shows, qui font le succès des chaînes de TV et même des chaînes de radio comme Mosaïque FM, les politiques sont fustigés tant la critique est implacable. Il semble même qu’il n’y ait aucune limite politique. Quand il est question de religion ou de mœurs, il vaut mieux être prudent....
La suite de mon texte, sur babelmed :
http://www.babelmed.net/cultura-e-societa/113-tunisia/13489-la-liberte-de-la-presse-au-peril-de-la-vie.html
La suite de mon texte, sur babelmed :
http://www.babelmed.net/cultura-e-societa/113-tunisia/13489-la-liberte-de-la-presse-au-peril-de-la-vie.html
mardi 17 décembre 2013
Nouvelle publication de Marie Ketline Adodo
Marie Ketline Adodo : PÈLERINS DU BONHEUR
Préface de Jalel El Gharbi; collection Accent tonique-Poésie.
"Voici une somme de
poèmes-pérégrinations qui font de la poétesse et de son lecteur des Pélerins du
Bonheur. Dans cette contrée entre ciel et terre, on peut surprendre à chaque
page comme une main tendue vers tous les surgissements, vers tous les murmures,
vers toutes les épiphanies de l'être... Il semble que les pérégrinations aient
une nette prédilection pour les escales : celles où l'on découvre les
succulences africaines que sont les fruits et les mots créoles, la passion pour
Carthage et l'appel de Rome." Extrait de la préface de Jalel El
Gharbi
ISBN : 978-2-343-02342-7 • décembre 2013 • 122 pages
Cet ouvrage peut être commandé sur le site de l'éditeur :
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=42093
vendredi 6 décembre 2013
Charles Marx et la révolution tunisienne... par Giulio-Enrico Pisani
Giulio-Enrico Pisani
Lux. 6 décembre 2013
Zeitung vum Lëtzbuerger Vollek
Charles Marx et la révolution tunisienne
ou,
si peuple
veut, peuple peut.
Charles Marx ?
Attention, amis lecteurs, surtout, ne confondez pas avec Karl Marx, le
concepteur du matérialisme historique, cette conception
matérialiste et socio-économique de l'Histoire. Je parle du Luxembourgeois Charles Marx, né en 1903 et décédé, selon la version
officielle,[1] lors d’un accident de
voiture en 1946. Il est bien plus proche
de nous dans le temps, mais aussi des mouvements révolutionnaires appelés «Le
printemps des peuples arabes»[2]. Des peuples?
Mais comment les peuples peuvent-ils réussir à se faire entendre, à
faire valoir leurs droits, à porter à terme une révolution sans qu’elle
dégénère en anarchie, massacres, conflits interethniques ou religieux, ou
qu’elle finisse en queue de poisson? Que
peut la société civile? La solution
globale du problème appartient certes au peuple, aux citoyens. Mais la réponse, la clef de la solution, a été
déjà formulée par Charles Marx, adolescent révolutionnaire, chef des Jeunesses socialistes
puis communistes, futur médecin, fondateur et directeur d’hôpitaux, grand
résistant (1942-45) et ministre de la santé du Luxembourg (1945-46).
Aussi vous proposerai-je de réfléchir ensemble
sur deux phrases qu’il a prononcées il n’y
a pas loin d’un siècle et qui s’appliquent aujourd’hui concrètement, à près de
quinze cent Km d’ici, au fourvoiement et au blocage de la révolution en Tunisie. Constituant une sorte de e = mc2 de la problématique révolutionnaire,
elles auraient pu faire du chemin, les deux phrases qui la forment et que
j’évoquais dans ces colonnes le 5 décembre.
Elles sont restées, hélas, pratiquement ignorées jusqu’à ce que je les
exhume pour les citer dans ma biographie de Charles Marx.1 Cependant,
même restées confidentielles, elles n’ont rien perdu de leur actualité et
pourraient, entendues par l’opposition démocratique tunisienne, porter remède à
la dramatique récupération islamiste de la révolution et à la présente impasse
institutionnelle.
Mais il est temps
de récompenser votre patience en vous révélant cette formule, qui pourrait être
l’un des legs les plus importants de Charles Marx à l’humanité. Je cite: «Les faits
(historiques) et les hommes sont révolutionnaires, mais les chefs ne le sont pas (a priori). Pour cela, les chefs doivent
descendre parmi les masses et se faire élever par leur caractère
révolutionnaire à elles».[3] Notez que, contrairement à son éminent
homonyme allemand, Charles Marx n’avait rien d’un philosophe ni d’un
théoricien.[4] C’était un pur homme d’action, et ses sept premiers
mots – Les faits et les hommes sont révolutionnaires – le confirment. Mais il ne faut pas en rester là, car c’est l’ensemble
des deux phrases qui forme une règle incontournable d’une grande force
idéologique et révolutionnaire. Le fait
de ne pas avoir pris en compte ce principe fondamental, a sans doute causé
l’échec d’un grand nombre de révolutions.
De la révolution
tunisienne il faut pourtant convenir, en cette fin 2013, qu’elle est la seule
du «printemps arabe» à ne pas encore avoir complètement échoué... Et cela, simplement parce que, après avoir été
la première, elle est encore en pleine gésine et qu’elle a peut-être encore une
chance d’accoucher d’autre chose que d’un monstre ou d’un mort-né. Que reste-t-il en effet de l’immense vague
d’espoir soulevée en 2011 par le Printemps arabe? La révolution égyptienne est revenue à la case départ militaire
après la parenthèse des Frères musulmans, en Libye c’est la catastrophe et en
Syrie cent fois pire.[5] Quant aux contestations et manifestations
populaires au Yémen, au Bahreïn, au Maroc et en Algérie, quand elles n’ont pas
été écrasées, elles ont abouti à des réformettes sans grand intérêt. En Tunisie, par contre, on peut encore
affirmer que tout n’est pas encore perdu.
En quoi le principe
(car c’en est bien un) de Charles Marx s’appliquerait-il aujourd’hui à la Tunisie et pourrait-il
contribuer à résoudre la profonde crise politique et sociale dans laquelle elle
se débat? Eh bien, cela coule de source. La révolution tunisienne est partie d’un
soulèvement populaire spontané qui a fait tache d’huile. Au suicide du jeune Mohamed Bouazizi et à la
révolte qui s’en suivit à Sidi Bouzid succède Thala et sa violente manifestation
d’étudiants, puis une grève massive des avocats. Les affrontements entre manifestants et
forces de l'ordre à Thala, Kasserine et Regueb sont meurtriers et seront suivis
d’autres suicides, manifestations, affrontements et victimes. À Tunis, les étudiants manifestent en force et
la police anti-émeute assiège l'Université El Manar dans laquelle ils se sont
retranchés par centaines. À
Ettadhamen-Mnihla, dans la banlieue de Tunis, des violents heurts éclatent
entre les forces de l'ordre et les manifestants. Et tout cela vient d’en bas, du peuple, sans
mot d’ordre préalable, sans parti politique, sans autre parti pris que le «dégage!»
lancé à Ben Ali et, surtout, sans moteur extérieur, sans coordinateur, sans
chef.[6]
Mais cette absence
allait être vite comblée. Ils ne
tardèrent pas à se manifester, les «chefs».
Dès la chute de Ben Ali ils accoururent, en masse, de tous le partis
admis ou clandestins, nouvellement créés ou repentis; ils sortaient des prisons
ouvertes sans trop de discernement, ou revenaient d’un exil forcé ou volontaire. Ce fut une véritable foule qui prit le train révolutionnaire
en marche, voulut profiter de l’aubaine pour revenir aux affaires, se faire une
place au soleil... parmi eux, tout de même quelques personnes bien
intentionnées. Mais de tous ces prétendus
chefs, dont des milliers allaient bientôt se présenter aux premières élections libres
pour une centaine de partis politiques en lice, sans compter les indépendants,
très peu savaient ce qu’est une révolution.
Mis à part les dirigeants du parti islamiste, leur forte organisation
souterraine et leur rêve de califat religieux, quasiment aucun n’était
révolutionnaire. Pratiquement aucun
d’entre eux n’était porteur d’un projet politique, sociétal et économique
global viable. La plupart ne songeaient
qu’à ramasser les cerises tombées de l’arbre que le peuple avait secoué. Trois ans plus tard, ils se les disputent
toujours et encore, les cerises, désormais en train de pourrir au ras des
pâquerettes... comme eux, les soi-disant chefs, en voie de perdre toute
crédibilité, tant soit peu qu’ils ne l’aient jamais eue.
Et autant pour
la première partie de la formule marxienne: «Les faits et les
hommes sont révolutionnaires, mais les chefs ne le sont pas...», qui
correspond exactement à la situation en Tunisie après la révolution
de 2010-2011. Simple constat. Quant à la solution, elle apparaît dans la
seconde partie: «... Pour cela, les
chefs doivent descendre parmi les masses et se faire élever par leur caractère
révolutionnaire à elles.» Je
pense que le terme «... se faire élever...»
ne doit pas être compris dans le sens de regagner en hauteur (celle dont ils seraient
descendus), mais surtout dans l’acception de se faire ressourcer, éduquer,
renforcer, galvaniser par le peuple. Avant
de pouvoir prétendre à jouer un rôle de chef, les personnes qui se destinent à
organiser, entraîner et diriger les masses sans en être immédiatement issues, doivent
replonger parmi elles afin de prendre toute la mesure de leurs frustrations,
souffrances et exigences. Le don et les
qualités du commandement ne suffisent pas; il faut en avoir la capacité,
c'est-à-dire qu’il faut connaître à fond ceux que l’on ambitionne de diriger, en
ayant vécu près d’eux et intégré l’ensemble de leurs problèmes. Ce n’est qu’à ce prix qu’ils peuvent acquérir
la crédibilité et la force de mener à bien leur tâche et de mériter le nom de
chefs.
Mais que faire
si, comme la plupart des chefs de l’opposition démocratique tunisienne, ils ne
veulent ou ne songent même pas à descendre
parmi les masses, s’ils n’acceptent pas de se soumettre à ce must? Eh bien, même dans ce cas de figure, la
formule de Charles Marx est valable, sauf qu’il faut la retourner à la manière
de Jean
d’Alembert écrivant à Voltaire «Puisque
la montagne ne veut pas venir à Mahomet, il faudra (...) que Mahomet aille trouver la montagne.[7]» Ça revient à dire que, si les chefs ne
veulent pas aller parmi les masses, il faut que les masses aillent trouver
leurs chefs et les ramènent nolens volens à elles. Le soulèvement et la révolte contre un régime
injuste, ainsi que le renversement de la tyrannie, ne sont que la première
étape d’une révolution. La mener à bien
exige une cohérence et des compétences que les masses n’ont pas, mais dont
elles peuvent exiger qu’elles s’appliquent dans la direction qu’elles ont
impulsé en se soulevant.
Ce n’est en effet pas aux chefs de se
donner un peuple selon leurs souhaits, comme voudraient le faire en Tunisie les
dirigeants islamistes du parti Nahdha, mais bien au peuple de se donner les
chefs qui oeuvrent selon ses voeux. Et
si le peuple doit redescendre dans la rue et aller les tirer par la cravate pour
affirmer ses choix, qu’il le fasse! Si peuple veut, peuple peut!
[1] 1. Comme détaillé dans l'ouvrage susmentionné, l'assassinat politique n'est pas
à exclure. Lire sa bio abrégée sub www.herpet.net/spip.php?page=i mprimer&id_article=19
et détaillée dans mon livre «Charles Marx, Un Héros Luxembourgeois, Vie et
action d'un médecin, patriote, résistant et ministre à Ettelbruck, Luxembourg,
Quillan (Aude) & ailleurs», 250 p, Éditions Zeitung vum Lëtzebuerger Vollek,
2007
[2] Notamment dans mes articles «Tunisie : Dis-moi, l’intellectuel ! C’est quoi, une révolution?» du 26.1.2011 (mis en ligne sub www.zlv.lu/spip/spip.php?article4296) et «2011: Le Printemps des Peuples… arabes, Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent» du 1.2.2011 (www.zlv.lu/spip/spip.php?article4332).
[2] Notamment dans mes articles «Tunisie : Dis-moi, l’intellectuel ! C’est quoi, une révolution?» du 26.1.2011 (mis en ligne sub www.zlv.lu/spip/spip.php?article4296) et «2011: Le Printemps des Peuples… arabes, Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent» du 1.2.2011 (www.zlv.lu/spip/spip.php?article4332).
[3] L’attribution de cette phrase à Charles Marx
tiendrait toutefois davantage du probable que du certain. Mais elle est à 100%
conforme à ce que nous savons de l’homme, et, même si elle était apocryphe, ne
perdrait rien de sa signification et de sa portée.
[4] Le seul ouvrage qu’il ait publié, sa thèse,
traite du traitement post-opératoire de l’estomac (disponible à la Bibliothèque Nationale
de Luxembourg).
[5] Grâce notamment à l’art des occidentaux,
appris de la CIA
(dès l’Afghanistan des années soixante-dix et quatre-vingt), de transformer des
contestations socio-économiques locales en mouvements internationaux de
terrorisme djihadiste.
[7] La
phrase complète est : «Puisque la montagne ne veut pas venir à
Mahomet, il faudra donc, mon cher et illustre confrère, que Mahomet aille
trouver la montagne». Lettre de Jean d'Alembert
à Voltaire, 28 juillet 1756. Paul Féval en a
transposé le sens dans son roman "Le bossu", où Lagardère lance au prince de
Gonzague : "Si tu ne viens pas à
Lagardère, Lagardère ira à toi".
jeudi 7 novembre 2013
2eme symposium de la recherche à La Manouba. Hommage à Salah Garmadi
Université de Manouba 2e Symposium de la recherche
Unité de recherche « Recherches
en littérature médiévale, moderne et contemporaine et didactique du
français »
Mercredi 20 novembre 2013
à la salle 340 (Département de français), Faculté des lettres, arts et
humanités (9h00- 13h00)
Matinée scientifique : Hommage à Salah Garmadi sous le titre : "En
arpentant les territoires de Salah Garmadi : littératures arabes / littératures
francophones ; littérature / linguistique / traduction ; enseignement
/recherche / engagement citoyen » (en collaboration avec le Département de français)
Programme :
9h00 : Ouverture
9h15 :
Heikel Ben Mustapha : « Sur la trace de Salah Garmadi : les
conséquences sociolinguistiques de la politique linguistique en Tunisie »
9h45 :
Jalel El Gharbi : « Autour du
verbe « être » dans la poésie de Garmadi »
10h15 :
Mabrouk Manaï : « Salah Garmadi poète et sujet de poésie »
10h45 :
Pause
11h10 :
Afifa Marzouki : « Le vieux roi est mort vive le roi » :
poésie et politique dans Nos Ancêtres les bédouins
11h30 :
Samir Marzouki : Poétique de la subversion dans la poésie arabophone de
Salah Garmadi : Allahma al-hayya
12h00 :
Farah Zaïem : « Ecrire en tunisien : Le Frigidaire de
Salah Garmadi et Le Harem en péril de Rafik Ben Salah »
12h30 :
Discussion
Mercredi
20 novembre 2013 à 14h30 à la salle 340 (Département de français),
Faculté des lettres, arts et humanités (14h30-17h00)
« Terriroires de la
littérature, territoires de la recherche littéraire »
Programme :
14h30 :
Samir Marzouki : " Les territoires de la recherche en langue et
littérature françaises »
15h00 : Sarra Khaled : « Territoire d'origine et
territoire d'accueil dans la chanson beure »
15h30 : Malek Garci : « Territoires atlantes :
littérature, mythe ou réalité ? »
16h00 : Discussion
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